Paris et la petite couronne cumulent toutes les contraintes. La capitale, Plaine Commune et Est Ensemble appliquent l'encadrement du niveau des loyers issu de l'article 140 de la loi ELAN : le loyer de base du bail de colocation ne peut dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral, et l'article 8-1 soumet la somme des loyers de tous les colocataires au même plafond, que le bail soit unique ou multiple. L'agglomération étant en zone tendue au sens du décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, le préavis du colocataire est ramené à un mois, et la solidarité du sortant s'éteint donc au plus tard sept mois après sa lettre.
Lyon, Villeurbanne, Bordeaux et Montpellier ont rejoint l'encadrement plus récemment. La demande étudiante y a multiplié les colocations à baux multiples dans les grands appartements anciens ; le bailleur vérifie que chaque chambre respecte les 9 m² et que la somme des loyers reste sous le plafond du logement entier. Le loyer de référence majoré de l'arrêté préfectoral en vigueur doit figurer dans le bail, faute de quoi le colocataire peut saisir la commission départementale de conciliation pour obtenir une diminution.
Lille, Rennes, Nantes et Toulouse sont des villes universitaires en zone tendue, Lille, Hellemmes et Lomme appliquant en plus l'encadrement du niveau des loyers. Le préavis réduit à un mois s'applique partout, de même que l'encadrement de l'évolution des loyers à la relocation : le loyer d'une nouvelle colocation ne peut excéder celui du locataire précédent, revalorisé de l'IRL. Le Pays basque et la métropole grenobloise ont obtenu à leur tour l'encadrement du niveau des loyers, preuve que la liste des territoires évolue au fil des arrêtés préfectoraux.
Hors zone tendue, dans les villes moyennes et en secteur rural, le bail de colocation retrouve la liberté contractuelle de la loi de 1989 : loyer librement fixé à la première location, préavis de trois mois pour le colocataire en location vide, aucun plafond hormis le gel des loyers des logements classés F ou G. Le régime de la solidarité, l'identification du colocataire garanti et le seuil de surface des baux multiples s'appliquent en revanche partout en France.
Comment remplir ce bail de colocation
Vous commencez par indiquer si le logement est loué vide ou meublé, puis si vous souhaitez un bail unique ou un contrat par colocataire. Ce choix conditionne la suite : en bail unique, le formulaire demande l'identité de chaque colocataire et vous propose d'activer ou non la clause de solidarité, rédigée dans les termes de la loi ; en baux multiples, il vous fait décrire la chambre privative de chacun et vérifie que la surface déclarée atteint le minimum légal. Vous renseignez ensuite l'adresse, la surface habitable, les équipements et l'existence d'une copropriété, puis le loyer global, sa répartition éventuelle, les charges et le dépôt de garantie, plafonné automatiquement selon la nature de la location.
Le formulaire vous demande si la commune se trouve en zone tendue ou sous encadrement des loyers, et adapte le préavis, la clause de révision et la mention du loyer de référence majoré. Vous ajoutez enfin la date de prise d'effet, la durée et les annexes à joindre : diagnostics, notice d'information, état des lieux d'entrée et, en meublé, inventaire du mobilier. Le document est généré en quelques minutes aux formats Word et PDF. Les contrats de location et actes de gestion locative se trouvent dans la même catégorie.