Le compromis de vente puise sa force dans le Code civil. L'article 1589 pose le principe fondateur : la promesse de vente vaut vente lorsque les parties s'accordent sur la chose et sur le prix. La vente elle-même est régie par les articles 1582 et suivants du Code civil, qui définissent ses conditions de formation et les obligations de garantie du vendeur, notamment la garantie des vices cachés et la garantie d'éviction. Le mécanisme des conditions suspensives, lui, relève de l'article 1304 du Code civil, qui suspend les effets du contrat jusqu'à la réalisation d'un événement futur et incertain.
La protection la plus visible pour l'acquéreur découle de l'article L. 271-1 du Code de la construction et de l'habitation, issu de la loi SRU et renforcé par la loi Macron. Ce texte accorde à tout acquéreur non professionnel un délai de rétractation de dix jours à compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée notifiant le compromis. Le délai court en jours calendaires, week-ends et jours fériés compris, et s'il s'achève un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est prolongé jusqu'au premier jour ouvrable suivant. Cette protection ne joue que pour les biens à usage d'habitation : elle ne s'applique ni aux terrains nus, ni aux locaux commerciaux, ni aux acquisitions réalisées par une SCI, considérée comme acquéreur averti.
La condition suspensive d'obtention de prêt mérite une attention particulière. Lorsque l'acheteur finance son acquisition par un emprunt, l'article L. 313-41 du Code de la consommation impose l'insertion d'une clause protectrice : si le prêt n'est pas obtenu, le compromis devient caduc et toute somme versée est immédiatement et intégralement remboursable sans retenue ni indemnité. La jurisprudence de la Cour de cassation encadre strictement ces règles, notamment sur la validité de la notification SRU. Pour le détail des textes, le service public de la documentation sur la promesse de vente immobilière reste la référence officielle.
Comment remplir votre compromis de vente
Vous commencez par indiquer la qualité dans laquelle vous agissez, vendeur ou acquéreur, puis renseignez l'identité complète des deux parties. Le formulaire vous demande ensuite la désignation du bien : adresse, nature, superficie, références cadastrales et, pour un lot de copropriété, la superficie loi Carrez. Vous précisez le prix de vente et la manière dont il sera réglé, avec ou sans recours à un emprunt.
L'outil adapte alors les clauses à votre situation. Si vous cochez un financement bancaire, il insère automatiquement la condition suspensive de prêt conforme au Code de la consommation et vous invite à fixer le montant, la durée et le délai d'obtention. Vous choisissez le montant de l'indemnité d'immobilisation et ses modalités de séquestre, puis ajoutez les conditions suspensives propres à votre dossier, comme l'obtention d'un certificat d'urbanisme ou la réalisation de travaux. Une fois les diagnostics listés en annexe, vous téléchargez le compromis au format Word ou PDF, prêt à être relu et signé. Pour la suite de la relation contractuelle, vous pouvez aussi anticiper un mandat de représentation utile en assemblée générale de SCI si l'acquisition se fait à plusieurs.