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Immobilier

Compromis de vente : guide juridique et modèle 2026

Le compromis vaut vente (art. 1589 Code civil). Délai de rétractation de 10 jours, conditions suspensives, diagnostics. Modèle conforme à télécharger.
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Le compromis de vente est l'avant-contrat qui scelle l'accord entre un vendeur et un acheteur avant la signature de l'acte authentique chez le notaire. Aussi appelé promesse synallagmatique de vente, il fixe le prix, décrit le bien et organise toutes les conditions de la transaction immobilière. Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas un simple papier d'attente : l'article 1589 du Code civil dispose que la promesse de vente vaut vente dès lors qu'il y a accord sur la chose et sur le prix. Le compromis engage donc réciproquement les deux parties, sous réserve du délai de rétractation et de la réalisation des conditions suspensives. Que vous vendiez un appartement parisien ou achetiez une maison en province, ce document conditionne la solidité juridique de toute votre opération.

Cette page vous explique le régime du compromis, ses clauses essentielles et les pièges concrets vus en pratique, avant de vous proposer un modèle personnalisable en ligne.

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Qu'est-ce qu'un compromis de vente ?

Le compromis de vente est un contrat synallagmatique, c'est-à-dire qu'il fait naître des obligations à la charge des deux parties simultanément. Le vendeur s'oblige à vendre, l'acheteur s'oblige à acheter, chacun aux conditions arrêtées dans l'acte. Cette réciprocité le distingue nettement de la promesse unilatérale de vente, où seul le vendeur s'engage en accordant à l'acquéreur une option qu'il lèvera ou non dans un délai donné. Dans un compromis, il n'y a pas d'option à lever : l'engagement est ferme des deux côtés dès la signature, ce qui en fait l'avant-contrat le plus utilisé en France pour les ventes de logements.

La portée de cet engagement est souvent sous-estimée. Beaucoup de vendeurs croient qu'ils peuvent encore se raviser après avoir signé : c'est faux. Le vendeur ne dispose d'aucun délai de rétractation, contrairement à l'acquéreur non professionnel. Une fois le compromis signé et le délai de réflexion de l'acheteur écoulé, le refus de réitérer la vente expose la partie défaillante à une exécution forcée ou à des dommages et intérêts. Le compromis prépare directement l'acte authentique de vente signé devant notaire, généralement trois mois plus tard, qui transfère définitivement la propriété et permet la publication au service de la publicité foncière. Avant d'en arriver là, plusieurs étapes encadrées par la loi doivent être respectées, à commencer par la remise du dossier de diagnostic technique exigé pour toute mise en location ou vente.

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Quand avez-vous besoin de ce document ?

Le cas le plus fréquent reste la vente de gré à gré entre particuliers, quand vendeur et acheteur se sont mis d'accord sur le prix et veulent sécuriser leur accord avant le passage chez le notaire. Le compromis verrouille la transaction : il fige le prix, retire le bien du marché et empêche le vendeur de céder à une offre concurrente plus élevée arrivée entre-temps. Sans cet acte, rien n'oblige le vendeur à respecter sa parole, et un acheteur sérieux risque de voir le bien lui échapper après plusieurs visites.

Le second scénario classique concerne l'achat financé par un crédit immobilier. L'acheteur a besoin de temps pour monter son dossier bancaire, et le compromis assorti d'une condition suspensive de prêt lui offre ce délai sans le contraindre à acheter s'il n'obtient pas son financement. C'est aussi le document qui déclenche les démarches du notaire : purge du droit de préemption de la commune, vérification de l'origine de propriété, calcul des frais. Pour un bien en copropriété, le compromis sert de support à la communication du règlement de copropriété et des procès-verbaux d'assemblée générale.

Deux situations plus délicates méritent un mot. La vente en chaîne, d'abord, où l'acheteur conditionne son acquisition à la vente préalable de son logement actuel : la clause doit être rédigée avec soin car les vendeurs la refusent souvent. Ensuite, la vente sous condition de travaux, lorsque le vendeur s'est engagé oralement à remettre aux normes l'électricité ou à remplacer une chaudière. Cet engagement ne vaut rien sans clause écrite précisant la nature des travaux, le délai d'exécution et les justificatifs attendus. Dans tous ces cas, mieux vaut s'appuyer sur un acte structuré que sur un accord verbal, comme pour un prêt formalisé par une reconnaissance de dette entre particuliers.

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Clauses essentielles incluses dans notre modèle

  • La désignation des parties et du bien ouvre le compromis. Elle identifie précisément vendeur et acquéreur, puis décrit le bien avec son adresse, sa superficie loi Carrez pour les lots de copropriété, ses références cadastrales et l'origine de propriété. Une désignation imprécise fragilise tout l'acte et complique le travail du notaire lors de la réitération.
  • Le prix et ses modalités de paiement fixent la contrepartie de la vente. Le compromis indique le prix net vendeur, la répartition des frais d'agence le cas échéant, et précise si une partie du prix est financée par emprunt. C'est ici que se chiffre l'opération sur laquelle reposent les conditions suspensives.
  • La condition suspensive d'obtention de prêt protège l'acheteur emprunteur. Conformément à l'article L. 313-41 du Code de la consommation, elle précise le montant emprunté, la durée et le taux maximal du crédit recherché, ainsi que le délai imparti pour présenter une offre de banque. Un délai réaliste de 45 à 60 jours évite la plupart des litiges.
  • L'indemnité d'immobilisation et le séquestre organisent le dépôt versé par l'acheteur, généralement compris entre 5 et 10 % du prix. Cette somme, conservée par le notaire ou l'agent immobilier, s'impute sur le prix si la vente se réalise, et reste acquise au vendeur si l'acheteur se désiste hors des cas prévus par les conditions suspensives.
  • L'annexe du dossier de diagnostic technique rassemble le DPE, les diagnostics amiante, plomb, électricité, gaz, termites et l'état des risques. Le vendeur est légalement tenu de les fournir, et un audit énergétique s'ajoute pour les logements classés F ou G. Un diagnostic absent ou périmé est une cause fréquente de report de signature.
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Considérations régionales et particularités locales

Paris et l'Île-de-France concentrent les transactions les plus techniques. Dans les immeubles anciens des arrondissements centraux, les servitudes centenaires sont fréquentes : servitude de passage, de vue, de canalisation. Une condition suspensive d'absence de servitude non déclarée protège l'acquéreur contre la découverte tardive d'une contrainte affectant la jouissance du bien. La forte proportion de copropriétés impose par ailleurs une vigilance accrue sur l'état daté, le règlement de copropriété et les procès-verbaux d'assemblée générale des trois dernières années, documents que le notaire exigera avant la réitération.

Les communes en zone tendue ajoutent une couche réglementaire. Certaines collectivités disposent d'un droit de préemption urbain qui doit être purgé avant la signature de l'acte authentique : la mairie dispose d'un délai pour se porter acquéreur aux conditions du compromis. Le compromis doit donc prévoir un délai de réitération compatible avec cette procédure, sous peine de bloquer l'opération. Dans les zones soumises à encadrement, le notaire vérifie aussi la conformité de l'usage déclaré du bien.

Les régions rurales et les biens agricoles relèvent d'un régime particulier. La SAFER bénéficie d'un droit de préemption sur les terres agricoles et certains biens ruraux, qu'il convient de signaler dans l'avant-contrat. Pour les maisons anciennes hors agglomération, les diagnostics assainissement non collectif et l'état des risques naturels prennent une importance particulière, surtout en zone inondable ou exposée au retrait-gonflement des argiles. Un acheteur qui acquiert via une structure dédiée gagnera à consulter notre page sur les statuts d'une société civile immobilière pour gérer un patrimoine, la SCI modifiant à la fois le régime de rétractation et la fiscalité de l'opération.

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Comment remplir votre compromis de vente

Vous commencez par indiquer la qualité dans laquelle vous agissez, vendeur ou acquéreur, puis renseignez l'identité complète des deux parties. Le formulaire vous demande ensuite la désignation du bien : adresse, nature, superficie, références cadastrales et, pour un lot de copropriété, la superficie loi Carrez. Vous précisez le prix de vente et la manière dont il sera réglé, avec ou sans recours à un emprunt.

L'outil adapte alors les clauses à votre situation. Si vous cochez un financement bancaire, il insère automatiquement la condition suspensive de prêt conforme au Code de la consommation et vous invite à fixer le montant, la durée et le délai d'obtention. Vous choisissez le montant de l'indemnité d'immobilisation et ses modalités de séquestre, puis ajoutez les conditions suspensives propres à votre dossier, comme l'obtention d'un certificat d'urbanisme ou la réalisation de travaux. Une fois les diagnostics listés en annexe, vous téléchargez le compromis au format Word ou PDF, prêt à être relu et signé. Pour la suite de la relation contractuelle, vous pouvez aussi anticiper un mandat de représentation utile en assemblée générale de SCI si l'acquisition se fait à plusieurs.

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Erreurs fréquentes à éviter

La première erreur, la plus coûteuse, consiste à rédiger une condition suspensive de prêt floue. Une formulation vague comme un financement « dans des conditions normales » ouvre la porte à tous les contentieux : la banque refuse, l'acheteur invoque la caducité, le vendeur conteste la bonne foi des démarches. Chaque condition doit être chiffrée avec un montant, un taux maximal, une durée et un délai précis. Dans le même esprit, beaucoup d'acheteurs négligent leurs obligations de bonne foi : déposer une seule demande de prêt manifestement vouée à l'échec ne suffit pas à faire jouer la condition, et le séquestre peut rester acquis au vendeur. La deuxième erreur classique touche les diagnostics. Un DPE périmé, un diagnostic électricité manquant ou un état des risques oublié retardent la signature de l'acte authentique et fragilisent le consentement de l'acheteur.

La troisième erreur concerne le délai de rétractation. Notifier le compromis par un canal qui ne donne pas date certaine, ou se tromper dans le point de départ des dix jours, peut rendre la rétractation contestable ou, à l'inverse, prolonger indéfiniment la fenêtre de réflexion de l'acheteur. La notification par lettre recommandée avec accusé de réception reste la voie la plus sûre. Enfin, certains vendeurs s'imaginent encore disposer d'un droit de repentir : il n'existe pas. Une fois le compromis signé, le vendeur est tenu, et tout désistement de sa part relève de l'inexécution contractuelle, avec les sanctions qui l'accompagnent. Mieux vaut sécuriser chaque clause en amont, comme on le ferait pour un acte de caution solidaire encadrant une garantie locative.

Les points clés à retenir

EFFET JURIDIQUE

Le compromis engage comme une vente

Le compromis n’est pas un simple pré-accord: avec l’accord sur le bien et sur le prix, l’article 1589 du Code civil lui donne une force proche de la vente. Vendeur et acquéreur s’obligent réciproquement dès la signature, en attendant l’acte authentique chez le notaire, souvent environ trois mois plus tard. Le contenu (prix, description, clauses) verrouille donc l’opération.

RÉTRACTATION

10 jours pour l’acquéreur, pas le vendeur

Seul l’acquéreur non professionnel bénéficie d’un délai de rétractation de 10 jours (art. L. 271-1 CCH), calculé en jours calendaires à partir du lendemain de la première présentation du courrier notifiant le compromis. Si la fin tombe un samedi, dimanche ou jour férié, le terme est reporté au premier jour ouvrable. Le vendeur, lui, ne peut pas se rétracter.

CONDITIONS

Suspensives et diagnostics sécurisent la transaction

L’engagement du compromis reste soumis aux conditions suspensives prévues, qui peuvent suspendre ses effets jusqu’à la réalisation d’un événement futur et incertain (art. 1304 du Code civil). En pratique, c’est là que se joue la sortie en cas de financement ou d’aléa contractuel. Le dossier de diagnostic technique doit aussi être remis: une omission fragilise le dossier et ouvre la porte à des contestations.

Questions fréquentes

Oui, et c'est même son principal effet. L'article 1589 du Code civil prévoit que la promesse de vente vaut vente lorsque les parties s'accordent sur le bien et sur le prix. Le compromis engage donc réciproquement vendeur et acheteur dès sa signature. Une fois le délai de rétractation de dix jours écoulé pour l'acquéreur et les conditions suspensives levées, aucune partie ne peut se désengager librement. Le refus de signer l'acte authentique expose le défaillant à une exécution forcée de la vente ou au versement de dommages et intérêts. Notre modèle reprend ces mécanismes pour vous donner un acte solide, opposable et conforme au droit français.

Le compromis se télécharge en deux formats complémentaires, Word et PDF. La version Word vous permet de relire le document, d'ajuster une clause, de corriger une coquille ou d'ajouter une condition suspensive propre à votre dossier avant impression. La version PDF, figée, sert à la diffusion et à la signature : c'est elle que vous transmettez à l'autre partie, à l'agent immobilier ou au notaire. Vous gardez ainsi la maîtrise complète du contenu sans dépendre d'un logiciel particulier, et vous conservez une trace claire de la version définitive signée par les deux parties.

L'acquéreur non professionnel dispose d'un délai de rétractation de dix jours, fixé par l'article L. 271-1 du Code de la construction et de l'habitation. Ce délai court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée notifiant le compromis signé. Il se compte en jours calendaires : week-ends et jours fériés sont inclus. Si le dixième jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est reporté au premier jour ouvrable suivant. Pendant cette période, l'acheteur peut renoncer sans justification ni pénalité. Attention : le vendeur, lui, ne bénéficie d'aucun délai équivalent et reste engagé dès la signature.

Si l'acquisition est financée par un emprunt et que l'acheteur n'obtient pas son financement, la condition suspensive de prêt joue. Le compromis devient caduc de plein droit et, conformément à l'article L. 313-41 du Code de la consommation, toute somme versée d'avance lui est immédiatement et intégralement remboursée, sans retenue ni indemnité. Cette protection suppose toutefois que l'acheteur ait accompli ses démarches de financement de bonne foi, dans le délai prévu au contrat. Un dossier déposé tardivement ou manifestement insuffisant peut priver l'acheteur de cette protection et permettre au vendeur de conserver l'indemnité d'immobilisation.

Non, le compromis de vente peut être signé sous seing privé, directement entre les parties ou par l'intermédiaire d'un agent immobilier. Le recours au notaire n'est imposé qu'au stade de l'acte authentique, qui transfère la propriété et permet la publication au service de la publicité foncière. Beaucoup de vendeurs et d'acheteurs choisissent tout de même de signer le compromis devant notaire, car celui-ci se charge alors de la notification du délai de rétractation et de la sécurisation des clauses. Notre modèle vous permet de préparer un compromis sous seing privé fiable, que vous pourrez ensuite faire réitérer chez le notaire.

Le compromis de vente est une promesse synallagmatique : il engage les deux parties de façon réciproque, l'acheteur à acheter et le vendeur à vendre. La promesse unilatérale de vente, elle, n'engage que le vendeur, qui accorde à l'acheteur une option d'achat à lever dans un délai donné, souvent en contrepartie d'une indemnité d'immobilisation. Concrètement, dans un compromis l'engagement est ferme dès la signature, tandis que dans une promesse unilatérale l'acheteur reste libre de ne pas lever l'option. Le compromis est plus protecteur pour le vendeur, car il verrouille immédiatement l'acheteur, ce qui explique sa large prédominance dans les ventes de logements en France.

Le délai usuel entre la signature du compromis et celle de l'acte authentique est d'environ trois mois. Cette durée s'explique par les démarches que doit mener le notaire : purge d'un éventuel droit de préemption, vérification de l'origine de propriété, obtention des pièces de copropriété, et surtout attente de l'offre de prêt de l'acheteur. Le délai d'obtention d'un crédit immobilier représente souvent 45 à 60 jours à lui seul. Le compromis fixe une date butoir de réitération, qui peut être prorogée d'un commun accord si une condition suspensive tarde à se réaliser. Prévoir un délai réaliste dès le départ évite la plupart des tensions de fin de transaction.

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Mis à jour le 8 juin 2026

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