La première erreur, de loin la plus coûteuse, est de croire que payer la facture rend automatiquement propriétaire du code. En droit français, le paiement du prix ne transfère aucun droit d'auteur : sans clause de cession conforme à l'article L.131-3 du CPI, le prestataire reste titulaire, et le client qui exploite le logiciel s'expose à une action en contrefaçon. La deuxième erreur consiste à bâcler le cahier des charges ou à ne pas l'annexer, ce qui prive la recette de toute référence objective : impossible de reprocher une non-conformité à un livrable dont la conformité n'a jamais été définie. La troisième, symétrique, est de négliger la clause de recette elle-même, laissant le client soit refuser indéfiniment de valider, soit se voir opposer une réception tacite dès qu'il utilise le logiciel sans réserve.
Une quatrième erreur récurrente est de confondre garantie, maintenance corrective et maintenance évolutive, si bien que le prestataire se retrouve à corriger gratuitement des évolutions qui auraient dû être facturées, ou l'inverse. Beaucoup de contrats oublient enfin la clause de réversibilité, celle qui organise la restitution du code source, de la documentation technique et des accès. Sans elle, le client dépendant de son prestataire découvre qu'il ne peut ni faire évoluer son logiciel ailleurs ni récupérer une version exploitable, une situation de dépendance qui vaut souvent bien plus cher que le contrat lui-même. Pour les projets structurants d'une société en croissance, articuler ce contrat avec les modèles liés à la création d'entreprise sécurise l'ensemble du dispositif.