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Modèle de contrat de distribution fournisseur

Contrat distributeur-fournisseur conforme aux articles L. 330-3 et L. 442-1 du Code de commerce et au règlement VBER 2022. Word et PDF.
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Le contrat de distribution organise la revente des produits d'un fournisseur par un distributeur indépendant, qui achète pour son propre compte et supporte le risque commercial de la revente. C'est l'ossature juridique de la plupart des réseaux commerciaux français, de la distribution automobile aux cosmétiques sélectifs en passant par l'agroalimentaire. Bien rédigé, il fixe le territoire, le degré d'exclusivité, les objectifs de vente et les conditions de sortie de la relation. Mal rédigé, il expose les deux parties à un contentieux lourd sur la rupture de la relation ou sur la validité des clauses de non-concurrence. Ce modèle s'adresse aux fournisseurs qui structurent un réseau comme aux distributeurs qui veulent sécuriser leur investissement avant de signer.

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Qu'est-ce qu'un contrat de distribution ?

Le contrat de distribution est un contrat-cadre par lequel un fournisseur confie à un distributeur la commercialisation de ses produits sur un marché donné, le distributeur agissant en son nom propre et à ses risques. Il se distingue nettement du contrat d'agent commercial, où l'agent négocie pour le compte du mandant sans acheter la marchandise, et du contrat de franchise, qui suppose la transmission d'un savoir-faire substantiel et l'usage d'une enseigne. Ici, le distributeur revend et se rémunère sur sa marge, pas sur une commission.

La pratique connaît trois grandes formes. La distribution intensive ouvre la revente au plus grand nombre de points de vente possible, typiquement pour les produits de grande consommation. La distribution sélective réserve la revente à des distributeurs répondant à des critères qualitatifs objectifs, courante en parfumerie, horlogerie et électronique haut de gamme. La distribution exclusive concède à un seul distributeur un territoire déterminé, en contrepartie généralement d'un engagement d'approvisionnement exclusif. Chaque forme obéit à des contraintes rédactionnelles distinctes, en particulier au regard du droit de la concurrence. Un modèle générique qui ignore cette typologie est inutilisable : la clause d'exclusivité territoriale valable en distribution exclusive peut devenir une restriction anticoncurrentielle prohibée dans un autre montage. Le choix de la forme conditionne donc l'ensemble de la rédaction, et c'est la première question à trancher avant même de remplir le document.

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Quand avez-vous besoin de ce document ?

Le cas le plus fréquent est le lancement d'un réseau de revente par un fabricant ou un importateur qui veut couvrir un territoire sans ouvrir ses propres points de vente. Plutôt que d'embaucher une force commerciale salariée, il s'appuie sur des distributeurs indépendants qui achètent le stock et le revendent à leur clientèle. Le contrat verrouille alors le prix d'achat, les objectifs de volume et les zones concédées. Vient ensuite la situation inverse : un commerçant établi qui décroche la représentation d'une marque et exige un écrit avant d'investir dans un stock, une vitrine ou une équipe dédiée. Sans contrat signé, il n'a aucune garantie de durée et peut être évincé du jour au lendemain, sauf à invoquer laborieusement la rupture brutale.

L'entrée dans un réseau sélectif justifie aussi la formalisation, car le fournisseur doit pouvoir opposer des critères de sélection objectifs et non discriminatoires à tout candidat refusé. La reprise d'une distribution exclusive territoriale, où un seul revendeur obtient l'exclusivité d'une région, appelle une rédaction particulièrement soignée de la clause d'approvisionnement en contrepartie. Deux cas limites méritent l'attention. D'abord, la relation qui a démarré sans écrit et dure depuis des années : la régulariser tardivement suppose de ne pas dégrader les conditions existantes, sous peine de rupture partielle. Ensuite, le distributeur en situation de dépendance économique vis-à-vis d'un fournisseur qui pèse l'essentiel de son chiffre d'affaires, configuration où les juges apprécient plus sévèrement l'équilibre du contrat et la durée du préavis de sortie. Ceux qui structurent une société dédiée à cette activité consultent souvent en amont nos modèles de statuts de SARL à personnaliser.

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Clauses clés incluses dans notre modèle

  • L'objet et le périmètre des produits délimitent précisément la gamme concernée, référence par référence si nécessaire, pour éviter les litiges sur ce que le distributeur est autorisé à revendre. Une définition floue ouvre la porte aux ventes parallèles et aux contestations sur le champ de l'exclusivité.
  • Le territoire concédé fixe la zone géographique de revente et, en distribution exclusive, l'engagement du fournisseur de ne pas y nommer d'autre distributeur ni d'y vendre directement. La rédaction doit distinguer ventes actives et ventes passives, sous peine de tomber sous le coup des restrictions caractérisées du règlement VBER 2022.
  • La clause d'exclusivité précise sa nature, exclusivité territoriale au profit du distributeur, exclusivité d'approvisionnement au profit du fournisseur, ou les deux, avec ses limites de durée. Une exclusivité d'achat ne peut excéder cinq ans pour bénéficier de l'exemption automatique du droit de la concurrence.
  • Les objectifs de vente chiffrent les quotas ou minimas que le distributeur s'engage à atteindre, en distinguant l'obligation de moyens de l'obligation de résultat. La sanction du manquement, perte d'exclusivité ou résiliation, doit être explicite car un juge ne la présumera pas.
  • La durée, la reconduction et la résiliation organisent la sortie : durée déterminée ou indéterminée, préavis de résiliation calibré sur l'article L. 442-1, II, et clause résolutoire listant les manquements graves autorisant une rupture sans préavis.
  • La clause de non-concurrence post-contractuelle, lorsqu'elle existe, doit être limitée dans le temps, dans l'espace et quant aux produits visés, et justifiée par un intérêt légitime, faute de quoi elle sera annulée.
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Considérations régionales

Le régime du contrat de distribution est national et uniforme sur tout le territoire français : il n'existe pas de variation départementale ou régionale comparable à ce que l'on rencontre en matière de baux ou d'urbanisme. La dimension géographique se joue ailleurs, sur trois terrains que le rédacteur doit anticiper.

Le premier est la compétence juridictionnelle. Les litiges relatifs aux pratiques restrictives de concurrence, notamment la rupture brutale de l'article L. 442-1, relèvent de juridictions spécialisées limitativement désignées, la Cour d'appel de Paris étant seule compétente en appel sur tout le territoire. Une clause attributive de compétence mal rédigée qui désignerait le tribunal du siège du fournisseur peut se heurter à cette spécialisation, d'où l'intérêt de vérifier la cohérence de la clause juridictionnelle avec la nature du litige anticipé.

Le deuxième terrain est la dimension internationale. Dès que le distributeur ou le fournisseur est établi hors de France, la question de la loi applicable et du juge compétent devient centrale. La jurisprudence rappelle que la compétence des juridictions françaises n'est pas automatique en matière de rupture brutale, même si le texte est qualifié de loi de police. Une clause de droit applicable et une clause attributive de juridiction explicites deviennent alors indispensables pour éviter l'incertitude, particulièrement face à un cocontractant situé hors Union européenne.

Le troisième est l'articulation avec les droits nationaux voisins en cas de déploiement européen. Le règlement VBER 2022 s'applique dans toute l'Union, mais chaque État membre conserve des spécificités : l'Allemagne, par exemple, encadre plus strictement les clauses de parité de prix depuis sa réforme de 2021. Un réseau qui s'étend au-delà des frontières doit donc auditer chaque contrat local avant signature. Pour la constitution d'une structure de tête de réseau, nos modèles de statuts de SAS et SASU sont souvent le point de départ.

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Comment remplir ce contrat de distribution

Vous commencez par identifier les deux parties, fournisseur et distributeur, avec leurs formes sociales, numéros RCS et représentants légaux. L'outil vous demande ensuite de choisir la forme de distribution, intensive, sélective ou exclusive, car ce choix reconfigure les clauses proposées, notamment celle d'exclusivité territoriale. Vous renseignez la gamme de produits concernée, le territoire, puis les paramètres commerciaux : prix d'achat ou barème, objectifs de vente et conditions d'approvisionnement. Le formulaire ajuste automatiquement les mentions liées au droit de la concurrence en fonction de la durée d'exclusivité que vous indiquez. Vous précisez enfin la durée du contrat, le préavis de résiliation et l'existence ou non d'une clause de non-concurrence post-contractuelle. Une fois les réponses validées, le document se génère au format Word et PDF, prêt à être relu, complété du DIP le cas échéant, puis signé. Si votre relation implique un intermédiaire rémunéré à la commission plutôt qu'un revendeur, orientez-vous plutôt vers notre contrat d'apporteur d'affaires.

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Erreurs fréquentes à éviter

La première erreur, et la plus coûteuse, consiste à oublier le DIP quand le contrat impose une exclusivité ou quasi-exclusivité assortie d'une marque. Beaucoup de fournisseurs pensent que l'obligation ne vise que la franchise. Elle s'applique en réalité à tout réseau remplissant les deux conditions de la loi Doubin, et son absence expose à la nullité pure et simple du contrat, avec restitution des sommes versées. La deuxième erreur touche la rupture : mettre fin à une relation ancienne sans préavis écrit suffisant, ou en réduisant brutalement les commandes, déclenche la responsabilité de l'article L. 442-1, II et des dommages calculés sur la marge brute perdue pendant le préavis manquant. Un fournisseur qui croit résilier proprement se retrouve condamné faute d'avoir anticipé la durée du préavis, qui se compte souvent en mois pour une relation de plusieurs années.

La troisième erreur concerne les seuils de concurrence : stipuler une exclusivité rigide sans vérifier que les parts de marché restent sous 30 %, ce qui prive l'accord de l'exemption automatique et l'expose à une analyse individuelle risquée au regard de l'article 101 du TFUE. La quatrième est la clause de non-concurrence disproportionnée, sans limite de durée ou de territoire, systématiquement annulée par les juges. La cinquième, plus insidieuse, est la confusion entre distributeur et agent commercial dans la rédaction : mélanger les régimes expose à une requalification qui ouvrirait au distributeur une indemnité de fin de contrat qu'il n'aurait jamais dû percevoir. Pour la cession ultérieure de parts de la société de distribution, appuyez-vous sur notre acte de cession de parts sociales.

Les points clés à retenir

Cadre

Le distributeur agit en son nom

Dans ce contrat, le distributeur achète les produits pour son propre compte, revend et se rémunère via sa marge. Il supporte donc le risque commercial de la revente, contrairement à l’agent commercial qui négocie pour un mandant sans acheter la marchandise. Ne pas clarifier ce point dès le contrat brouille les responsabilités et fragilise toute la relation.

Structure

Choisir la forme avant d’écrire

Intensive, sélective ou exclusive: ces trois logiques n’imposent pas les mêmes clauses. Le territoire, l’exclusivité, les objectifs de vente et les conditions de sortie s’en déduisent. Un modèle générique qui ignore cette typologie devient vite dangereux: une exclusivité territoriale acceptable en distribution exclusive peut être jugée anticoncurrentielle dans un autre montage. La première décision conditionne le reste.

Précontractuel

Le DIP peut conditionner la validité

Si le fournisseur met à disposition un nom commercial, une marque ou une enseigne et exige une exclusivité ou quasi-exclusivité, l’article L. 330-3 du Code de commerce impose de remettre un document d’information précontractuelle au moins vingt jours avant la signature. Son contenu est encadré par l’article R. 330-1. Un DIP non conforme peut mener à la nullité si le consentement a été vicié.

Questions fréquentes

Oui. Le document est construit à partir du droit commun des contrats du Code civil et des règles spéciales du Code de commerce qui encadrent la distribution, notamment les articles L. 330-3 et L. 442-1. Une fois personnalisé avec vos parties, votre territoire et vos conditions, puis signé par les deux parties, il engage juridiquement fournisseur et distributeur. Sa validité dépend surtout du respect de deux points que le formulaire vous rappelle : la remise du DIP vingt jours avant signature si une exclusivité est prévue, et la calibration correcte des clauses d'exclusivité au regard des seuils de concurrence. Pour un réseau complexe ou international, une relecture par un avocat spécialisé reste recommandée.

Le droit français n'impose pas de forme écrite pour le contrat de distribution en général : un accord verbal peut techniquement exister. En pratique, l'écrit est indispensable. Il conditionne la preuve du territoire, de l'exclusivité, des objectifs et de la durée du préavis, autant d'éléments impossibles à établir en cas de litige sans document signé. L'écrit devient même une obligation indirecte dès qu'une exclusivité assortie d'une marque déclenche le DIP de la loi Doubin, puisque le projet de contrat doit alors être communiqué par écrit vingt jours avant l'engagement. Signer un contrat clair reste la seule protection sérieuse contre le contentieux de la rupture.

Tout dépend de l'ancienneté et de l'importance de la relation. L'article L. 442-1, II du Code de commerce exige un préavis écrit tenant compte de la durée de la relation commerciale et des usages du secteur. Il n'existe pas de barème rigide, mais la loi pose une sécurité : un préavis de dix-huit mois ne peut jamais être jugé insuffisant. Pour une relation de quelques années, les tribunaux retiennent fréquemment plusieurs mois. La résiliation sans préavis reste possible en cas de manquement grave de l'autre partie ou de force majeure, à condition de pouvoir le prouver. Un préavis trop court expose à des dommages calculés sur la marge brute perdue.

Uniquement si le contrat met à disposition un nom commercial, une marque ou une enseigne en exigeant du distributeur un engagement d'exclusivité ou de quasi-exclusivité. Dans ce cas, l'article L. 330-3 impose la remise d'un DIP au moins vingt jours avant la signature, avec un contenu défini par l'article R. 330-1 : historique du réseau, état du marché, liste des membres, conditions de résiliation. Un simple contrat de revente sans exclusivité ni marque mise à disposition n'y est pas soumis. En cas de doute, mieux vaut remettre le DIP par précaution, car son absence peut coûter la nullité du contrat.

Le contrat se génère en deux formats, Word et PDF. Le format Word vous permet de retoucher les clauses, d'ajouter des annexes propres à votre secteur ou d'insérer un barème tarifaire spécifique avant signature. Le format PDF fige la version définitive, idéale pour la signature manuscrite ou électronique et l'archivage. Vous récupérez le fichier immédiatement après avoir renseigné le formulaire, sans installation ni logiciel particulier. Si vous devez joindre des documents sociaux à votre dossier, notre modèle d'accord de confidentialité NDA complète utilement un contrat de distribution en amont des négociations.

Oui, mais sous conditions. Une exclusivité territoriale est licite tant que les parts de marché du fournisseur et du distributeur restent chacune sous 30 %, seuil du règlement VBER 2022 qui ouvre l'exemption automatique du droit européen de la concurrence. Au-delà, l'accord doit être analysé individuellement et le risque augmente. La clause doit aussi respecter la distinction entre ventes actives, que l'on peut restreindre, et ventes passives, que l'on ne peut pas interdire au distributeur. Une exclusivité d'approvisionnement de plus de cinq ans perd par ailleurs le bénéfice de l'exemption. Le formulaire ajuste les mentions selon la durée que vous indiquez.

La distinction est fondamentale et change tout le régime juridique. Le distributeur achète les produits pour son propre compte et les revend à ses risques, en se rémunérant sur sa marge. L'agent commercial négocie ou conclut des ventes au nom et pour le compte du fournisseur, sans acheter la marchandise, et perçoit une commission. L'agent bénéficie d'un statut protecteur avec indemnité de fin de contrat, ce qui n'est pas le cas du distributeur. Rédiger un contrat de distribution avec des clauses d'agent expose donc à une requalification lourde de conséquences financières. Le choix du bon modèle dès le départ évite ce piège classique.

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Mis à jour le 4 juillet 2026

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