Le droit à l'image ne figure dans aucun texte sous ce nom. C'est un droit jurisprudentiel, construit par les tribunaux sur le fondement de l'article 9 du Code civil, dont le premier alinéa dispose que chacun a droit au respect de sa vie privée. La Cour de cassation a posé le principe directeur dans un arrêt de principe : toute personne dispose sur son image d'un droit exclusif qui lui permet de s'opposer à sa reproduction et à sa diffusion sans son autorisation (Cass. 1re civ., 27 février 2007, n° 06-10.393). Ce droit s'applique de manière identique à l'inconnu comme à la célébrité, sur tous les supports, de l'affiche au site internet en passant par le réseau social.
La cession relève de la liberté contractuelle. Dans un arrêt souvent cité, la haute juridiction a jugé que les dispositions de l'article 9 du Code civil, seules applicables en matière de cession de droit à l'image, à l'exclusion du Code de la propriété intellectuelle, relèvent de la liberté contractuelle (Cass. 1re civ., 11 décembre 2008, n° 07-19.494). L'autorisation doit néanmoins avoir un objet spécifique, déterminé et assorti de limites. Une cession sans limitation de durée ni de lieu reste valable si elle porte sur un nombre déterminé de clichés bien identifiés (Cass. 1re civ., 28 janvier 2010, n° 08-70.248). C'est pourquoi l'autorisation doit préciser les photographies concernées, les supports de diffusion, la durée et l'étendue géographique.
Depuis 2018, le RGPD se superpose au Code civil. Une image sur laquelle une personne est identifiable constitue une donnée à caractère personnel, ce qui impose un consentement libre, éclairé et spécifique, ainsi qu'un droit de retrait. Le volet répressif complète l'édifice : l'article 226-1 du Code pénal punit d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende la captation ou la diffusion de l'image d'une personne dans un lieu privé sans son consentement. Pour approfondir vos droits, consultez la fiche officielle de Service-Public.fr sur le droit à l'image et la vie privée, qui détaille les cas où votre accord écrit est indispensable.
Comment remplir cette autorisation de droit à l'image
Vous commencez par renseigner l'identité de la personne dont l'image sera exploitée, puis celle du bénéficiaire de l'autorisation. Le formulaire vous invite ensuite à décrire les images concernées, en indiquant la date, le lieu et la nature de la prise de vue, afin de donner à l'acte l'objet déterminé qu'exige la jurisprudence. Vous sélectionnez les supports de diffusion parmi une liste, ce qui évite les formulations vagues et vous rappelle de nommer chaque réseau social visé. L'étape suivante précise la durée et le périmètre géographique de l'exploitation, ainsi que son caractère gratuit ou rémunéré. Si l'image concerne un mineur, le parcours ajoute automatiquement les mentions relatives aux représentants légaux. Une fois vos réponses validées, le document se génère et se télécharge aux formats Word et PDF, prêt à être daté et signé par les deux parties. Vous pouvez le conserver comme preuve ou le compléter par d'autres documents administratifs du quotidien.