Le contrat de franchise n'est régi par aucun statut légal autonome en droit français : il relève du droit commun des contrats et d'un socle jurisprudentiel dense, complété par une obligation précontractuelle spécifique. Cette obligation est posée par la loi n° 89-1008 du 31 décembre 1989, dite loi Doubin, codifiée à l'article L. 330-3 du Code de commerce. Le texte impose à toute personne qui met à disposition un nom commercial, une marque ou une enseigne, en exigeant un engagement d'exclusivité ou de quasi-exclusivité, de remettre un DIP contenant des informations sincères permettant au candidat de s'engager en connaissance de cause. Le contenu de ce document est fixé par l'article R. 330-1 du Code de commerce, qui énumère six catégories d'informations obligatoires : identité et ancienneté du franchiseur, présentation et importance du réseau, état général et local du marché, comptes des deux derniers exercices, durée et conditions de renouvellement, de résiliation et de cession du contrat, ainsi que le champ des exclusivités. Vous pouvez consulter le texte exact sur le portail Légifrance de l'article L330-3 du Code de commerce.
Le DIP et le projet de contrat doivent être communiqués au moins vingt jours avant la signature, ou avant tout versement d'une somme comme un dépôt de garantie de réservation de zone. À cette obligation spéciale s'ajoute le devoir général d'information de l'article 1112-1 du Code civil, et les règles sur les vices du consentement des articles 1130 et suivants. La sanction est lourde : un DIP absent, tardif ou lacunaire fragilise le franchiseur dès lors que le franchisé démontre que son consentement a été vicié, et les tribunaux prononcent alors la nullité du contrat, avec restitution des redevances et du droit d'entrée. Le déséquilibre significatif entre les parties est par ailleurs sanctionné au titre de l'article L. 442-1, I, 2° du Code de commerce. Enfin, les clauses d'exclusivité et de non-concurrence s'apprécient au regard du droit européen de la concurrence, en particulier du règlement d'exemption UE 2022/720 sur les restrictions verticales.
Comment remplir ce contrat de franchise
Vous commencez par renseigner l'identité complète des deux parties, en distinguant la personne morale franchiseur, avec son capital et son immatriculation, du franchisé qui peut être une société en cours de constitution. Le formulaire vous invite ensuite à décrire la marque et l'enseigne concédées, puis à préciser le périmètre du savoir-faire transmis et la nature du manuel opératoire. Vient la définition de la zone d'exclusivité, où vous choisissez le mode de délimitation le mieux adapté à votre activité, avant de paramétrer les redevances : montant du droit d'entrée, taux de la redevance d'exploitation, assiette de calcul et périodicité. Le parcours vous guide vers les clauses de durée, de non-concurrence et de conditions de sortie, en signalant les seuils de validité à respecter. Une fois le contrat généré, pensez à préparer en amont le DIP correspondant, car le contrat n'a de valeur que si l'obligation précontractuelle a été respectée. Si votre franchisé exerce sous forme sociétaire, notre modèle de statuts de SAS facilite la constitution de la structure d'exploitation avant signature.