Le mandat de protection future est régi par les articles 477 à 494 du Code civil, complétés par les articles 1258 à 1260 du Code de procédure civile. L'article 477 pose le principe : tout majeur, ou tout mineur émancipé, ne faisant pas l'objet d'une tutelle peut charger un ou plusieurs mandataires de le représenter le jour venu. La loi ouvre deux formes distinctes, et le choix entre elles n'est jamais neutre car il commande l'étendue réelle des pouvoirs du mandataire.
Le mandat notarié, prévu aux articles 489 à 491, confère la protection la plus large. Le mandataire peut y accomplir tous les actes patrimoniaux qu'un tuteur réaliserait, y compris certains actes de disposition comme la vente d'un bien, les actes de disposition à titre gratuit restant soumis à l'autorisation du juge pour écarter tout risque de donation abusive. Le mandat sous seing privé, régi par les articles 492 à 494, offre des pouvoirs volontairement plus restreints : le mandataire ne peut réaliser que des actes conservatoires et des actes d'administration sur les biens désignés. Tout acte de disposition, une vente immobilière par exemple, exigera l'autorisation préalable du juge des tutelles. Sa validité tient à une condition de forme stricte posée par l'article 492 : l'acte, daté et signé de la main du mandant, doit être soit contresigné par un avocat, soit établi selon le modèle Cerfa n° 13592 défini par décret. Le mandataire l'accepte en y apposant sa signature. Point souvent négligé, l'acte sous seing privé n'acquiert date certaine qu'après enregistrement auprès du service des impôts du domicile du mandant, formalité déterminante pour rendre le mandat incontestable. Le détail complet des formes admises figure dans la présentation officielle du mandat de protection future sur Service-Public.fr.
Comment remplir ce mandat de protection future
Vous commencez par renseigner l'identité complète du mandant, celle du ou des mandataires pressentis, puis vous indiquez la nature de la mission confiée en distinguant la protection de la personne et celle des biens. Le modèle vous guide ensuite dans la délimitation précise des pouvoirs accordés, en tenant compte des limites propres à l'acte sous seing privé. Vous désignez la personne chargée de contrôler la gestion, étape indispensable que beaucoup oublient, et vous fixez les modalités de reddition des comptes. Si vous prévoyez une rémunération du mandataire, une clause dédiée vous permet d'en préciser les conditions. Une fois le document personnalisé, vous le téléchargez aux formats Word et PDF, prêt à être daté et signé de votre main.
Restent deux formalités que le document seul ne remplace pas. Le mandataire doit accepter le mandat en le signant à son tour, et l'acte doit ensuite être enregistré auprès du service des impôts pour acquérir date certaine. Si votre situation patrimoniale appelle des actes de disposition, tournez-vous vers un notaire. Pour d'autres démarches d'anticipation successorale, notre modèle de reconnaissance de dette entre proches peut compléter utilement votre organisation patrimoniale.