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Bail dérogatoire (art. L145-5) : contrat de courte durée

Bail dérogatoire encadré par l'article L145-5 du Code de commerce : durée de 3 ans, clause de dérogation expresse, état des lieux. Modèle Word et PDF.
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Le bail dérogatoire, aussi appelé bail de courte durée ou bail précaire, est un contrat de location commerciale conclu hors du statut protecteur des baux commerciaux, pour une durée totale plafonnée à trois ans. Il s'adresse aux commerçants, artisans et industriels qui veulent tester un emplacement sans s'engager sur un bail 3/6/9, et aux bailleurs qui refusent de bloquer leur local sur neuf ans. Régi par l'article L145-5 du Code de commerce, il écarte le droit au renouvellement et l'indemnité d'éviction, en échange d'une souplesse rare en droit commercial. Notre modèle de contrat de location de courte durée sécurise cette dérogation avec les mentions que la jurisprudence exige, à télécharger au format Word et PDF après quelques questions.

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Bail dérogatoire (art. L145-5) : contrat de courte durée

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Qu'est-ce qu'un bail dérogatoire ?

Le bail dérogatoire est un contrat civil à objet commercial : il porte sur un local où le preneur exploite un fonds de commerce, artisanal ou industriel, mais il échappe volontairement au régime d'ordre public des articles L145-1 et suivants du Code de commerce. Cette nuance est la clé de tout. Un bail commercial classique impose une durée minimale de neuf ans en vertu de l'article L145-4, un droit au renouvellement et une indemnité d'éviction en cas de refus. Le bail dérogatoire fait exactement l'inverse : durée courte, sortie nette au terme, aucune propriété commerciale attachée au contrat.

Il ne faut pas le confondre avec deux voisins proches. La convention d'occupation précaire, codifiée à l'article L145-5-1, ne tire pas sa validité d'une durée maximale mais d'une circonstance objective de précarité (démolition, expropriation, opération immobilière imminente), et vous pouvez la préparer avec notre modèle de convention d'occupation précaire à personnaliser. Le bail saisonnier, lui, relève des articles 1709 et suivants du Code civil et se limite à une saison touristique. Le bail dérogatoire occupe une place distincte : c'est un vrai bail commercial, simplement soustrait au statut par la volonté commune des parties, dans la limite temporelle fixée par la loi. Cette qualification exacte détermine les droits de chacun à l'échéance, et une erreur d'aiguillage se paie cher.

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Quand avez-vous besoin de ce document ?

Le cas d'usage le plus courant est le test d'emplacement. Une enseigne qui hésite sur une rue commerçante, un artisan qui lance une activité dont il ignore encore la rentabilité, un porteur de projet qui veut valider un flux de passage avant de s'engager sur neuf ans : tous trouvent dans le bail dérogatoire la période d'essai que le bail 3/6/9 interdit. Le pop-up store relève de la même logique, avec une occupation qui peut ne durer que quelques mois. Vient ensuite l'intérêt du bailleur, qui veut vérifier la solvabilité du preneur et l'adéquation de son activité aux locaux sans bloquer son bien sur une décennie.

Plusieurs situations transitoires justifient aussi ce choix. Un propriétaire qui attend une opération immobilière, un permis de construire ou un déménagement différé préfère une occupation souple à un engagement long. Une enseigne qui commercialise progressivement un programme neuf loue local par local, sans figer le tout. Attention à un piège fréquent : le bail dérogatoire ne peut pas succéder à un bail commercial classique portant sur les mêmes locaux et le même fonds, car le preneur bénéficie déjà du statut. À l'inverse, la jurisprudence admet qu'un bail dérogatoire précède un bail commercial. Pour une occupation motivée par une précarité objective plutôt que par une simple volonté de durée courte, orientez-vous vers la convention d'occupation précaire hors statut commercial, dont la logique juridique diffère radicalement.

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Clauses clés incluses dans notre modèle

  • La clause de dérogation expresse au statut vise nommément l'article L145-5 du Code de commerce et affirme la volonté commune des parties d'écarter les articles L145-1 et suivants. C'est la clause centrale : sans elle, un juge peut refuser de reconnaître le caractère dérogatoire du bail malgré une durée courte. Elle précise que le preneur renonce en connaissance de cause au droit au renouvellement et à l'indemnité d'éviction.
  • La durée déterminée et son terme précis fixent une date de fin certaine, inférieure ou égale à trois ans, et proscrivent toute clause de tacite reconduction. Une reconduction tacite ferait glisser le contrat sous le statut, exactement l'effet que la dérogation cherche à éviter. Le modèle rappelle le plafond des trois ans cumulés en cas de baux successifs.
  • L'identification de l'activité autorisée délimite la destination des lieux, sur le modèle de la clause de destination d'un bail commercial. Le preneur ne peut exercer que l'activité commerciale, artisanale ou industrielle mentionnée, ce qui protège le bailleur d'une transformation non consentie du fonds.
  • Le loyer, les charges et l'indexation organisent la contrepartie financière. Les parties disposent d'une grande liberté ; elles peuvent prévoir une clause d'échelle mobile indexée sur l'indice des loyers commerciaux (ILC) ou l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT), sans le plafonnement propre au bail statutaire.
  • La clause de restitution et l'état des lieux de sortie encadrent le départ. Le modèle rappelle l'obligation d'un état des lieux contradictoire à l'entrée comme à la sortie, et fixe les modalités de remise des clés dans le délai qui évite la requalification.
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Considérations régionales

Zones commerciales tendues et grandes métropoles. À Paris, Lyon, Bordeaux ou Marseille, la tension sur les emplacements commerciaux de pied d'immeuble rend le bail dérogatoire particulièrement recherché pour les pop-up stores et les tests d'enseigne. La brièveté de l'engagement permet une rotation rapide des occupants sur des artères prisées. Les bailleurs y insèrent souvent un loyer indexé sur l'ILC, car la valeur locative évolue vite sur ces marchés. La vigilance sur le délai de rattrapage d'un mois y est d'autant plus forte que la demande locative est soutenue : un local laissé occupé bascule vite sous le statut.

Centres-villes moyens et zones de revitalisation. Dans les villes moyennes, le bail dérogatoire sert fréquemment les opérations de redynamisation commerciale, où collectivités et bailleurs testent l'implantation d'activités nouvelles avant un engagement durable. La souplesse du contrat épouse la logique des baux d'essai encouragés par les dispositifs Action cœur de ville. Le montant du loyer y est souvent négocié à la baisse pour attirer des commerçants, ce que le régime dérogatoire autorise sans contrainte de plafonnement.

Zones touristiques et saisonnières. Sur le littoral et en montagne, la frontière entre bail dérogatoire et location saisonnière doit être maniée avec soin. Le texte de l'article L145-5 exclut expressément la location à caractère saisonnier de ses règles de requalification. Un occupant qui exploite un local sur plusieurs saisons successives relève du bail dérogatoire s'il vise une occupation continue, mais du bail saisonnier si l'activité s'interrompt réellement hors saison. Cette qualification détermine le régime applicable et les droits à l'échéance.

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Comment remplir ce bail dérogatoire

Vous commencez par indiquer l'identité complète du bailleur et du preneur, ainsi que la désignation précise du local et de son activité autorisée. Le formulaire vous demande ensuite la durée choisie, en vous rappelant le plafond de trois ans et l'interdiction de la tacite reconduction. À partir de là, le document intègre automatiquement la clause de dérogation expresse visant l'article L145-5, sans que vous ayez à la rédiger vous-même. Vous renseignez le montant du loyer, les charges, l'éventuelle clause d'indexation et le dépôt de garantie. Le modèle prévoit le rappel de l'état des lieux obligatoire à l'entrée et à la sortie, que vous complétez séparément. Une fois les réponses validées, vous téléchargez le contrat au format Word et PDF, prêt à signer. Si votre besoin porte plutôt sur la formalisation d'une gestion locative courante, notre bail pour logement vide conforme à la loi de 1989 répond à une logique d'habitation distincte de la location commerciale.

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Erreurs fréquentes à éviter

La première erreur, la plus lourde de conséquences, consiste à croire qu'une durée inférieure à trois ans suffit à écarter le statut. Elle ne suffit pas. Sans clause visant expressément l'article L145-5 et affirmant la volonté de déroger, un juge peut requalifier le contrat en bail commercial de plein droit, avec toutes les protections qui l'accompagnent. La deuxième erreur touche au maintien du preneur dans les lieux : si le locataire reste au-delà d'un mois après le terme et que le bailleur ne s'y oppose pas, un bail 3/6/9 soumis au statut naît automatiquement. Le bailleur doit impérativement se manifester par lettre recommandée ou acte de commissaire de justice avant la fin de ce délai d'un mois pour récupérer le local.

Troisième piège : dépasser les trois ans cumulés en enchaînant des baux dérogatoires successifs. Au-delà de ce plafond, aucun nouveau bail dérogatoire n'est possible pour le même fonds dans les mêmes locaux, même si le preneur y consent. Quatrième erreur, insérer une clause de tacite reconduction, qui contredit frontalement la logique du bail et déclenche la bascule sous le statut. Enfin, oublier l'état des lieux contradictoire fragilise le contrat et complique la restitution du dépôt de garantie ; vous pouvez sécuriser cette étape avec la demande de restitution du dépôt de garantie au propriétaire si un litige survient au départ.

Les points clés à retenir

DURÉE

Trois ans maximum, pas un jour de plus

Le bail dérogatoire ne peut jamais dépasser trois ans au total, baux successifs compris, entre les mêmes parties et pour les mêmes locaux. Il n’y a pas de durée minimale, donc un bail de 12 mois peut être prolongé dans la limite du plafond restant. Au-delà, vous sortez du cadre de l’article L145-5 du Code de commerce et la logique du bail commercial reprend la main.

DÉROGATION

La clause doit être explicite

Le caractère dérogatoire ne se déduit pas d’une simple durée courte. Le contrat doit montrer une volonté claire d’écarter le statut des baux commerciaux, idéalement en visant expressément l’article L145-5. Sans cette mention nette, le locataire peut soutenir qu’il relevait déjà du régime protecteur. Résultat: les attentes à l’échéance divergent, et la sortie « propre » devient un terrain de litige.

ÉTAT DES LIEUX

Entrée et sortie: c’est obligatoire

Depuis la loi Pinel, un état des lieux contradictoire à l’entrée et à la sortie fait partie des conditions du bail dérogatoire. Si les parties ne s’accordent pas, un commissaire de justice peut l’établir, avec des frais partagés par moitié. Le risque n’est pas théorique: le non-respect des règles entraîne un basculement automatique vers le statut des baux commerciaux, avec droit au renouvellement et indemnité d’éviction.

Questions fréquentes

Oui, à condition de respecter les exigences de l'article L145-5 du Code de commerce. Un bail dérogatoire correctement rédigé, écrit, visant expressément la dérogation au statut et accompagné d'un état des lieux, a pleine valeur juridique entre les parties. Notre modèle intègre la clause de dérogation expresse et le rappel de l'état des lieux obligatoire, précisément les éléments dont l'absence entraîne la requalification. Le document reste un contrat de droit privé : il engage bailleur et preneur dès la signature, sans formalité d'enregistrement obligatoire, même si un enregistrement volontaire auprès du service des impôts reste possible pour donner date certaine.

La durée totale ne peut dépasser trois ans, renouvellements et avenants compris, en application de l'article L145-5. Ce plafond s'apprécie de façon cumulée : si vous concluez un premier bail d'un an, vous ne pouvez le prolonger que dans la limite des deux années restantes. Aucune durée minimale n'est imposée, ce qui autorise un bail de quelques mois pour un pop-up store. Au-delà de trois ans cumulés, vous ne pouvez plus conclure de nouveau bail dérogatoire sur le même fonds dans les mêmes locaux ; seul un bail commercial classique devient alors possible.

Si le preneur se maintient dans les locaux et y est laissé au-delà d'un délai d'un mois après l'échéance, il s'opère automatiquement un bail commercial soumis au statut, avec droit au renouvellement et indemnité d'éviction. Ce mécanisme joue même si le bail dérogatoire avait été conclu pour une durée inférieure à trois ans. Pour l'éviter, le bailleur doit signifier son opposition au maintien, par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte de commissaire de justice, au plus tard dans le mois qui suit le terme. Passé ce délai sans réaction du bailleur, la requalification est acquise et irréversible.

Non, en principe. Le bail dérogatoire est conclu pour une durée déterminée et cesse automatiquement à la date prévue, sans que le bailleur ait à délivrer congé ni que le preneur respecte un préavis de six mois. C'est une différence majeure avec le bail commercial classique. En pratique, le bailleur a néanmoins intérêt à rappeler l'échéance au preneur environ un mois avant le terme, afin d'organiser la sortie, l'état des lieux et la remise des clés, et surtout d'éviter le maintien dans les lieux qui déclencherait la requalification.

Non, lorsque le nouveau contrat porte sur les mêmes locaux et le même fonds. Le preneur qui a déjà bénéficié du statut des baux commerciaux ne peut pas y renoncer au profit d'un bail dérogatoire portant sur le même local. L'inverse est en revanche admis par la jurisprudence : un bail dérogatoire peut précéder un bail commercial, ce qui correspond d'ailleurs à sa vocation de période d'essai. Cette règle protège le preneur contre les tentatives de contournement du statut d'ordre public par un bailleur souhaitant reprendre la main.

Oui, si le contrat le prévoit. Les parties disposent d'une grande liberté et peuvent insérer une clause d'indexation faisant varier le loyer selon l'indice des loyers commerciaux (ILC) ou l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT) publiés par l'INSEE. Contrairement au bail statutaire, aucun plafonnement légal de la révision ne s'applique, ce qui laisse la négociation ouverte. En l'absence de clause d'indexation, le loyer reste fixe pendant toute la durée du bail. Le preneur doit régler le loyer jusqu'au terme convenu, même s'il quitte les locaux par anticipation.

Le contrat se télécharge aux formats Word et PDF, immédiatement après avoir répondu aux questions du formulaire. Le format Word vous permet d'ajuster une clause ou de corriger une mention avant signature, tandis que le PDF fournit une version prête à imprimer et à faire signer par les deux parties. Vous conservez le document et pouvez le réutiliser pour un renouvellement dans la limite des trois ans cumulés. Cette autonomie évite le recours systématique à un rédacteur d'acte pour une opération dont le cadre est standardisé par l'article L145-5.

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Mis à jour le 6 juillet 2026

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