Le bail professionnel repose sur l'article 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986, l'une des rares dispositions non abrogées de ce texte. Ce régime est d'ordre public, ce que la troisième chambre civile de la Cour de cassation a confirmé dans un arrêt du 10 décembre 2002 : les parties ne peuvent y déroger tant qu'elles restent sous son empire. L'article se complète par les articles 1708 et suivants du Code civil, droit commun du louage applicable à tout ce que le régime spécial ne prévoit pas. Le premier alinéa impose une durée minimale de six ans et exige un écrit : un bail professionnel verbal est nul, et cette formalité ne souffre aucune exception. Lorsque la durée dépasse douze ans, la rédaction par un notaire devient obligatoire pour permettre la publication au fichier immobilier.
À l'échéance, le contrat est tacitement reconduit pour la même durée sauf congé de l'une des parties. Le locataire dispose d'une souplesse propre à ce statut : il peut donner congé à tout moment en respectant un préavis de six mois, y compris en cours de bail, sans avoir à motiver son départ. Le bailleur, lui, ne peut résilier à tout moment ; il doit attendre l'échéance et notifier son refus de renouvellement six mois avant le terme, ou invoquer la clause résolutoire s'il en existe une. Contrairement au bail commercial, le bail professionnel ne confère aucun droit au renouvellement et n'ouvre droit à aucune indemnité d'éviction, ce qui explique sa plus grande liberté contractuelle. Le dépôt de garantie n'est pas obligatoire et son montant, s'il est prévu, reste libre. Pour le détail des obligations de forme et des diagnostics annexes, la fiche officielle du bail professionnel sur Service-Public Entreprendre fait autorité. Le loyer est fixé librement, sa révision s'indexe le plus souvent sur l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT) publié par l'INSEE.
Comment remplir ce bail professionnel
Vous commencez par renseigner l'identité complète du bailleur et du preneur, personne physique ou société d'exercice, puis l'adresse et la description du local avec sa surface. Le formulaire vous guide ensuite vers la durée du bail : six ans par défaut, davantage si vous le souhaitez, la loi ne fixant aucun maximum. Vous indiquez le montant du loyer, sa périodicité et l'indice de révision retenu, l'ILAT étant l'indice usuel pour les activités tertiaires. Les questions suivantes portent sur le dépôt de garantie, facultatif, et sur la répartition des charges et de la taxe foncière entre les parties. Vous précisez enfin les clauses sensibles : sous-location, cession, destination du local et clause résolutoire. Une fois vos réponses validées, le document se génère au format Word et PDF, prêt à signer en autant d'exemplaires que de parties. Pour une location d'habitation classique, orientez-vous plutôt vers nos contrats et documents immobiliers adaptés à ce cas.