La SAS est le terrain naturel du pacte d'actionnaires, parce que la liberté statutaire y est très large. Les statuts peuvent prévoir l'inaliénabilité des actions pour dix ans au plus (article L. 227-13 du Code de commerce), l'agrément de toute cession (article L. 227-14), l'exclusion d'un associé (article L. 227-16) et le traitement du changement de contrôle d'un associé personne morale (article L. 227-17). Dans une SAS, la question stratégique est donc la répartition entre statuts et pacte : ce qui doit être sanctionné par la nullité va dans les statuts, ce qui doit rester confidentiel (prix, formules, calendrier) va dans le pacte. Les groupes structurés autour de statuts de SAS holding signent souvent un pacte à chaque étage, holding et filiale.
La SARL laisse moins de marge. La cession de parts à un tiers exige le consentement de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales (article L. 223-14 du Code de commerce), et les statuts ne peuvent pas instaurer d'inaliénabilité. Le pacte y sert surtout à encadrer la gérance, à organiser la sortie des associés et à fixer des règles de valorisation.
La SCI relève de l'article 1861 du Code civil : les cessions de parts supposent l'agrément unanime des associés, sauf clause statutaire contraire. Le pacte d'associés y règle la répartition des charges, le financement des travaux, le sort des parts démembrées et les conditions de sortie, qui aboutissent ensuite à un acte de cession de parts sociales de SCI.
La SA et les sociétés cotées obéissent à des règles propres. L'agrément statutaire est encadré par l'article L. 228-23 du Code de commerce. Pour les sociétés dont les titres sont admis sur un marché réglementé, l'article L. 233-11 impose de transmettre à l'Autorité des marchés financiers toute clause prévoyant des conditions préférentielles de cession ou d'acquisition portant sur au moins 0,5 % du capital ou des droits de vote. À défaut de transmission, la clause cesse de produire ses effets en période d'offre publique, ce qui la prive de son utilité au moment précis où elle devait servir.
Comment remplir ce pacte d'associés
Vous commencez par indiquer la forme de la société, sa dénomination, son siège et la répartition actuelle du capital. Le questionnaire adapte ensuite automatiquement la terminologie (actions ou parts sociales) et les références légales à la forme choisie. Vous renseignez l'identité de chaque signataire, personne physique ou personne morale, en précisant si la société elle-même intervient au pacte, ce que nous recommandons pour lui rendre opposables les engagements de gouvernance.
Vient ensuite le choix des clauses. Chaque clause est proposée avec une explication en langage clair et des options paramétrables : durée de l'inaliénabilité, seuil de déclenchement de la sortie forcée, liste des décisions importantes, formule de prix applicable en cas de départ. Si vous ne connaissez pas encore une donnée, le formulaire vous permet de la laisser en attente et de la compléter plus tard depuis votre espace. La dernière étape porte sur la durée du pacte, les modalités d'adhésion des futurs associés et le mode de règlement des différends.
Le document généré est prêt à être signé, en version manuscrite ou électronique. Une fois le pacte conclu, les décisions qu'il prévoit se matérialisent au fil de la vie sociale par des procès-verbaux et des conventions que vous retrouvez parmi nos documents de gestion d'entreprise, ce qui garde une cohérence d'un bout à l'autre du dossier juridique.