Congés

Lettre de congé maternité (art. L1225-24 C. trav.)

Modèle conforme aux articles L1225-17 et R1225-1 du Code du travail : 16 à 46 semaines, congé pathologique et congé supplémentaire de naissance.
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La demande de congé maternité est le courrier par lequel une salariée enceinte informe officiellement son employeur du motif de son absence, de la date de son départ et de la date prévue de sa reprise. Elle concerne toute salariée du secteur privé, en CDI comme en CDD, à temps plein ou à temps partiel, sans condition d'ancienneté. Le Code du travail n'impose aucun délai pour annoncer une grossesse, mais il subordonne la protection contre le licenciement à la remise d'un certificat médical dans des formes précises. Notre modèle de lettre de congé maternité reprend les mentions attendues par les services RH, les références légales en vigueur et l'articulation avec le nouveau congé supplémentaire de naissance.

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Qu'est-ce qu'une demande de congé maternité ?

Juridiquement, la demande de congé maternité est moins une demande qu'une notification. L'employeur ne peut ni refuser le congé, ni en discuter la durée, ni en différer le point de départ : le droit naît de la grossesse et de la date présumée de l'accouchement fixée par le médecin ou la sage-femme. Un congé maternité ne se négocie pas, il se notifie. Le courrier a donc une fonction probatoire. Il date l'information de l'employeur, déclenche les obligations de l'entreprise (attestation de salaire à la CPAM, remplacement, maintien éventuel du salaire conventionnel) et établit, en cas de litige, que la salariée bénéficiait de la protection légale.

Le document se distingue de plusieurs courriers voisins. L'arrêt pour grossesse pathologique relève d'une prescription médicale, pas d'une lettre de la salariée. La demande de congé parental d'éducation intervient après le congé maternité, obéit à ses propres délais de prévenance et suppose un an d'ancienneté. Le congé supplémentaire de naissance est un droit distinct, qui ne commence qu'après épuisement du congé maternité. Rien n'interdit de regrouper ces informations dans un seul envoi, à condition que chaque congé soit identifié séparément, avec ses propres dates.

Cadre juridique

Le congé maternité est régi par les articles L. 1225-17 à L. 1225-28 du Code du travail, complétés par l'article R. 1225-1 et, pour l'indemnisation, par les articles L. 331-3 et suivants du Code de la sécurité sociale. La durée de base est de 16 semaines, soit 6 semaines avant la date présumée de l'accouchement et 10 semaines après. Elle passe à 26 semaines lorsque la salariée a déjà au moins deux enfants à charge, à 34 semaines pour des jumeaux et à 46 semaines pour des triplés ou plus. Sur avis favorable du professionnel de santé qui suit la grossesse, jusqu'à trois semaines de congé prénatal peuvent être reportées après la naissance (article L. 1225-17). Un état pathologique médicalement attesté ajoute jusqu'à deux semaines avant l'accouchement et quatre semaines après (article L. 1225-21).

Sur la forme, l'article L. 1225-24 impose d'avertir l'employeur du motif de l'absence et de la date de reprise. L'article R. 1225-1 précise que, pour bénéficier de la protection, la salariée remet contre récépissé ou adresse par lettre recommandée avec avis de réception un certificat médical attestant la grossesse et la date présumée de l'accouchement. Aucun délai n'est fixé. L'employeur ne peut en aucun cas faire travailler la salariée pendant 8 semaines au total, dont les 6 semaines qui suivent l'accouchement (article L. 1225-29), même à sa demande.

La protection contre la rupture relève de l'article L. 1225-4. Elle est absolue pendant le congé et les congés payés pris dans la foulée, relative pendant la grossesse et les 10 semaines qui suivent, durée issue de la loi n° 2016-1088 du 8 août 2016. Dernière évolution, la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 a créé le congé supplémentaire de naissance (articles L. 1225-46-2 à L. 1225-46-7), lui-même couvert par une protection relative. Les textes sont consultables dans le chapitre du Code du travail consacré à la maternité, la paternité et l'adoption sur Légifrance.

Quand faut-il envoyer ce courrier ?

Le cas le plus courant est celui de la salariée qui entre dans son deuxième trimestre et prépare son départ. En pratique, le courrier part utilement deux à trois mois avant le début du congé : l'entreprise organise le remplacement, la salariée sécurise sa protection et la discussion sur la reprise se fait sans urgence. Autre situation fréquente, le report d'une partie du congé prénatal. La lettre doit alors viser l'avis médical favorable, faute de quoi l'employeur calcule les dates sur la base légale.

Le courrier sert aussi à modifier des dates déjà notifiées. Une grossesse gémellaire découverte à l'échographie, un congé pathologique prescrit en cours de route : chaque changement mérite un nouvel écrit plutôt qu'un échange oral avec le manager. Même logique pour annoncer l'enchaînement avec le congé supplémentaire de naissance, dont le délai de prévenance d'un mois court pendant le congé maternité.

Deux cas limites méritent l'attention. En cas d'accouchement prématuré, la durée totale du congé n'est pas réduite et la part prénatale non prise s'ajoute au congé postnatal ; si la naissance intervient plus de six semaines avant le terme et exige l'hospitalisation de l'enfant, le congé est encore prolongé. Lorsque l'enfant reste hospitalisé jusqu'à la fin de la sixième semaine suivant la naissance, la mère peut reprendre son poste et reporter le reliquat de son congé à la sortie de l'enfant (article L. 1225-22). Si son état exige ensuite une présence soutenue, la demande de congé de présence parentale prend le relais.

Clauses clés de notre modèle

Le modèle suit la structure qu'un avocat en droit social retiendrait pour un courrier appelé à servir de preuve.

  • L'identification complète des parties reprend le nom, le poste et la date d'embauche de la salariée, ainsi que la raison sociale de l'employeur et son représentant. La date d'embauche conditionne le maintien de salaire conventionnel, souvent soumis à une ancienneté minimale.
  • La date présumée de l'accouchement est reprise à l'identique du certificat médical joint. C'est cette date, et non celle de l'envoi, qui sert de base au calcul de toutes les périodes.
  • Le calendrier du congé indique la date de départ, la durée totale et la date prévue de reprise. Le modèle applique 16, 26, 34 ou 46 semaines selon la situation familiale et le nombre d'enfants attendus.
  • La clause de report du congé prénatal n'apparaît que si la salariée l'a choisie. Elle vise l'avis médical favorable et rappelle qu'un arrêt de travail prescrit avant la date présumée annule le report (article L. 1225-17, alinéa 3).
  • La liste des pièces jointes mentionne le certificat médical et, le cas échéant, la prescription d'un congé pathologique. Elle ferme la porte à toute contestation sur le contenu de l'envoi recommandé.
  • La clause relative à la suite du congé permet de déclarer d'emblée les dates et la durée d'un congé supplémentaire de naissance, ce qui fait courir le délai de prévenance d'un mois. Elle peut aussi annoncer une demande séparée, rédigée à partir de l'ensemble de nos modèles de demande de congé salarié.

Situations particulières selon le contrat et la branche

Salariée en CDD ou en mission d'intérim. Le congé maternité s'applique pleinement, mais il ne prolonge pas le contrat. L'article L. 1225-6 précise que la protection ne fait pas obstacle à l'échéance du CDD, qui prend fin à la date prévue même pendant le congé. En revanche, un refus de renouvellement motivé par la grossesse constitue une discrimination au sens de l'article L. 1132-1. La lettre doit donc être envoyée comme pour un CDI : elle devient une pièce utile si le renouvellement promis n'intervient jamais.

Salariée d'un particulier employeur. Assistantes maternelles, gardes d'enfants et aides à domicile relèvent de la convention collective des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile (IDCC 3239). Les durées légales s'appliquent, mais les écrits sont plus rares. Un contrat d'assistante maternelle ou d'employé CESU conforme à l'IDCC 3239 bien rédigé, complété par une lettre de congé maternité, évite les malentendus sur la reprise et la continuité de la garde.

Branches à maintien de salaire. La loi ne prévoit aucun maintien de salaire : la salariée perçoit des indemnités journalières plafonnées. Plusieurs conventions collectives, dont celles de la banque ou des bureaux d'études techniques (Syntec), prévoient un complément sous condition d'ancienneté, parfois par subrogation. D'où l'intérêt de vérifier la convention mentionnée sur le bulletin de paie.

Travail de nuit et postes exposés. Une salariée enceinte qui travaille de nuit peut demander son affectation sur un poste de jour (article L. 1225-9). Certains postes exposés à des risques particuliers imposent un aménagement ou une suspension avec garantie de rémunération (articles L. 1225-12 et suivants). Ces démarches précèdent souvent le congé et gagnent à être formalisées par écrit, avec l'avis du médecin du travail.

Agentes publiques. Fonctionnaires et contractuelles relèvent du Code général de la fonction publique, avec des durées comparables mais une procédure propre. Notre modèle est conçu pour le secteur privé.

Comment remplir la demande de congé maternité

Le formulaire commence par votre situation : type de contrat, date d'embauche, poste occupé et coordonnées de l'employeur. Vous indiquez ensuite la date présumée de l'accouchement figurant sur le certificat médical, le nombre d'enfants attendus et le nombre d'enfants déjà à charge. À partir de ces trois données, le calendrier se construit seul. Si votre médecin ou votre sage-femme a validé le report d'une partie du congé prénatal, une question dédiée recalcule les dates et insère la clause correspondante.

La dernière étape porte sur la suite du congé : reprise directe, congé supplémentaire de naissance d'un ou deux mois, pris en une fois ou fractionné, ou annonce d'une demande séparée de congé parental. Le courrier final vise les articles L. 1225-17 et L. 1225-24 du Code du travail, liste les pièces jointes et prévoit l'emplacement de la signature. Conservez l'avis de réception ou le récépissé daté et signé par l'employeur : c'est la seule preuve qui compte en cas de contentieux. Le document est disponible immédiatement en Word et en PDF.

Erreurs fréquentes à éviter

L'erreur la plus répandue reste l'annonce purement orale au manager, suivie d'un départ sans aucun écrit. Le jour où un désaccord surgit, la salariée doit prouver ce que l'employeur savait, et à quelle date. Vient ensuite l'erreur de calcul : une salariée qui compte 16 semaines alors qu'elle a déjà deux enfants à charge renonce sans le savoir à dix semaines de congé. Troisième piège, accepter de finir un dossier à distance pendant le congé. Outre l'infraction commise par l'employeur pendant la période d'interdiction, les indemnités journalières supposent la cessation de tout travail salarié, et la CPAM peut en réclamer le remboursement.

Les deux dernières erreurs touchent à la fin du congé. Une convention de rupture conventionnelle peut être signée pendant le congé ou la période de protection qui suit : la Cour de cassation l'admet depuis un arrêt du 25 mars 2015 (n° 14-10.149), sauf fraude ou vice du consentement. Ne signez jamais dans la précipitation une rupture proposée pendant votre congé. Enfin, oublier de notifier le congé supplémentaire de naissance au moins un mois à l'avance prive la salariée de la garantie qui empêche l'employeur de le refuser.

Les points clés à retenir

Notification

L'employeur ne choisit pas les dates

La lettre sert d'information officielle, pas de demande d'autorisation. La salariée indique le motif de son absence, la date de départ et la reprise prévue, conformément à l'article L. 1225-24 du Code du travail. Une fois prévenu, l'employeur doit organiser la paie, l'attestation CPAM et le remplacement éventuel.

Durée

Le congé varie de 16 à 46 semaines

La durée de base est de 16 semaines, réparties autour de la date présumée d'accouchement. Elle passe à 26 semaines avec au moins deux enfants à charge, 34 semaines pour des jumeaux et 46 semaines pour des triplés ou plus. Un congé pathologique médicalement attesté peut ajouter jusqu'à deux semaines avant et quatre semaines après.

Protection

Le certificat médical sécurise la salariée

Aucun délai légal n'impose d'annoncer la grossesse, mais la protection contre le licenciement dépend de la remise d'un certificat médical dans les formes prévues par l'article R. 1225-1. Remise contre récépissé ou lettre recommandée avec avis de réception : ce formalisme prouve la date d'information et limite les contestations.

Questions fréquentes

Aucun délai légal n'est imposé, mais le courrier doit parvenir à l'employeur avant le début du congé prénatal. Un envoi deux à trois mois avant le départ laisse le temps d'organiser le remplacement et place la salariée sous protection avérée. Si l'employeur licencie une salariée qui ne l'avait pas encore informé, l'article L. 1225-5 permet d'obtenir l'annulation en envoyant un certificat médical dans les quinze jours suivant la notification, sauf faute grave non liée à la grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat.

Oui. Elle constitue l'avertissement prévu par l'article L. 1225-24 du Code du travail et, accompagnée du certificat médical, satisfait à l'article R. 1225-1. Sa force probante dépend du mode d'envoi : recommandé avec avis de réception ou remise contre récépissé. L'employeur ne peut ni refuser le congé ni en modifier les dates. La salariée peut en revanche renoncer à une partie de son congé, jamais en deçà des 8 semaines d'interdiction d'emploi.

Le courrier est généré aux formats Word et PDF dès la fin du questionnaire. La version Word permet d'ajouter une précision propre à votre entreprise, par exemple la référence d'un accord collectif interne. La version PDF est prête à être imprimée, signée et envoyée en recommandé ou remise en main propre contre récépissé. Joignez une copie du certificat médical, gardez l'original dans votre dossier personnel et conservez un exemplaire signé du courrier.

Le délai de prévenance est d'un mois lorsque ce congé suit le congé maternité. Le courrier précise la date de début, la durée choisie (un ou deux mois) et l'éventuel fractionnement. Le congé doit débuter dans les neuf mois suivant la naissance, délai allongé en cas de congé maternité plus long ou d'hospitalisation du nouveau-né. Si le délai est respecté, l'employeur ne peut ni refuser ni reporter ce congé, indemnisé par la CPAM de façon dégressive.

Non. L'article L. 3141-5 du Code du travail assimile le congé maternité à du temps de travail effectif pour l'acquisition des congés payés : vous continuez à cumuler vos jours pendant toute la durée du congé. Si la période de prise des congés se termine pendant votre absence, l'article L. 3141-2 vous garantit le droit de les poser à votre retour, même après la clôture de cette période. L'employeur ne peut pas les considérer comme perdus.

Pendant le congé et les congés payés pris immédiatement après, la protection est absolue : aucun licenciement ne peut être notifié ni prendre effet. Pendant la grossesse et les dix semaines qui suivent, elle est relative. L'employeur ne peut rompre le contrat que pour faute grave non liée à la grossesse ou impossibilité de le maintenir pour un motif étranger à celle-ci (article L. 1225-4). Un licenciement contraire à ces règles est nul et ouvre droit à réintégration.

Oui. Vous retrouvez votre emploi précédent ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente (article L. 1225-25). Votre salaire intègre les augmentations générales et la moyenne des augmentations individuelles accordées pendant votre absence aux salariés de votre catégorie (article L. 1225-26). Vous avez aussi droit à un entretien professionnel (article L. 1225-27). Pour formaliser ces échanges, consultez le catalogue complet de modèles juridiques Captain.Legal.

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Mis à jour le 27 septembre 2026

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