La France étant un État unitaire, le droit du règlement intérieur ne varie pas d'une région à l'autre. Les vraies différences tiennent au secteur d'activité et à l'organisation de l'entreprise, et c'est là qu'un modèle générique montre ses limites.
Les entreprises multi-établissements doivent arbitrer entre un règlement par site et un texte unique. Le règlement unique simplifie la gestion, mais chaque établissement conserve ses propres consignes de sécurité, qui figurent alors en annexe. La consultation porte sur le CSE central et, le cas échéant, sur les CSE d'établissement pour les mesures propres à chaque site. Un règlement unique mal articulé avec les annexes locales est une source classique de nullité partielle devant l'inspection du travail.
Le BTP et l'industrie exigent des clauses de sécurité beaucoup plus détaillées : travail en hauteur, manutention, habilitations électriques, consignation des machines. Le contrôle d'alcoolémie s'y justifie plus facilement pour les postes de conduite d'engins ou de travail en hauteur, à condition que la liste des postes concernés soit précise et motivée.
Le transport et la logistique concentrent les postes dits de sécurité. Le Conseil d'État a admis dans sa décision CE, 5 décembre 2016, n° 394178 le dépistage salivaire de stupéfiants par un supérieur hiérarchique, sous réserve qu'il soit limité à ces postes et que le règlement garantisse la confidentialité et le droit à contre-expertise. Ces règles s'appliquent de la même façon aux salariés sous contrat de travail à durée déterminée, fréquents dans les entrepôts en période de pic.
Les secteurs au contact du public, notamment le commerce, l'hôtellerie et le médico-social privé, recourent davantage à la clause de neutralité. Depuis Cass. soc., 22 novembre 2017, n° 13-19.855, une telle restriction n'est valable que si elle figure dans le règlement intérieur ou dans une note de service soumise au même régime, qu'elle est générale et indifférenciée, et qu'elle vise uniquement les salariés en contact avec la clientèle.
Comment remplir ce règlement intérieur d'entreprise
Vous commencez par identifier l'entreprise et le ou les établissements couverts, avec l'effectif et l'activité exercée. Ces réponses orientent automatiquement les clauses de sécurité proposées : un entrepôt logistique ne reçoit pas les mêmes consignes qu'un cabinet de conseil. Le questionnaire vous conduit ensuite à définir l'échelle des sanctions et à fixer la durée maximale de la mise à pied disciplinaire, point que le formulaire rend obligatoire pour éviter la principale cause d'illicéité.
Viennent ensuite les options sensibles. Vous choisissez d'intégrer ou non une clause de neutralité, un encadrement de l'alcool et un dispositif de dépistage, en précisant les postes concernés. Le formulaire vous demande aussi les coordonnées du référent harcèlement lorsque l'effectif l'impose et celles du canal de signalement des lanceurs d'alerte. Vous terminez par la date d'entrée en vigueur, que vous fixez en tenant compte du délai d'un mois suivant la publicité.
Le document final est téléchargeable immédiatement au format Word et PDF. Il doit alors être soumis au CSE avant toute diffusion, puis affiché ou publié sur l'intranet et transmis à l'inspection du travail avec l'avis recueilli.