La distribution de dividendes est régie par les articles L. 232-10 à L. 232-20 du Code de commerce. L'article L. 232-11 définit le bénéfice distribuable comme le bénéfice de l'exercice, diminué des pertes antérieures et des sommes à porter en réserve en application de la loi ou des statuts, augmenté du report bénéficiaire. La réserve légale, qui doit atteindre un dixième du capital social, se prélève en priorité et n'est jamais distribuable tant que ce seuil n'est pas constitué. L'article L. 232-12 pose la règle centrale : la distribution ne peut être décidée qu'après approbation des comptes annuels et constatation de l'existence de sommes distribuables. Toute somme versée en méconnaissance de ces règles constitue un dividende fictif, et le gérant qui procède à une telle répartition en l'absence d'inventaire ou au moyen d'un inventaire frauduleux encourt cinq ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende.
Le point le plus surveillé en pratique est le délai de mise en paiement. L'article L. 232-13 impose que le versement intervienne dans un délai maximal de neuf mois après la clôture de l'exercice, une prolongation ne pouvant être obtenue que par décision de justice. Pour une clôture au 31 décembre, le paiement doit donc être exécuté au plus tard le 30 septembre suivant. Ce délai n'est pas un simple confort de trésorerie : le dépasser fait courir un risque de requalification et prive la distribution de sa sécurité juridique. Les autorités compétentes sont la collectivité des associés pour décider, et le service des impôts pour le contrôle fiscal, l'Imprimé Fiscal Unique et le versement des prélèvements devant suivre la mise en paiement.
Un développement jurisprudentiel récent mérite l'attention. La Cour de cassation, dans un arrêt du 12 février 2025, a jugé que la distribution d'un dividende prélevé sur le report à nouveau bénéficiaire ne peut être décidée que par l'assemblée approuvant les comptes de l'exercice concerné, et non par une assemblée ultérieure, sous peine de nullité. Cette lecture stricte, consultable via le texte officiel de l'article L. 232-12 sur Légifrance, resserre la marge de manœuvre pour les distributions exceptionnelles de réserves et de report à nouveau. Le modèle de statuts de SARL à personnaliser doit d'ailleurs prévoir les modalités de répartition, car une clause statutaire dérogatoire au prorata reste possible.
Comment remplir ce procès-verbal de distribution de dividendes
Vous commencez par renseigner l'identité de la société et la forme sociale, ce qui oriente automatiquement les règles de majorité et de quorum reprises dans le texte. Vous indiquez ensuite la date de l'assemblée et le mode de convocation, puis vous saisissez la liste des associés avec leur nombre de parts ou d'actions, le document calculant les quotités de présence. L'étape suivante porte sur les chiffres : vous entrez le bénéfice de l'exercice approuvé, les pertes antérieures éventuelles, la dotation à la réserve légale et le report à nouveau, de sorte que le montant distribuable se déduit sans erreur de calcul. Vous précisez alors le montant global mis en distribution et les postes sur lesquels il est prélevé, le dividende unitaire s'obtenant par division sur le nombre de titres. Vous fixez enfin la date de mise en paiement, en veillant à rester dans la fenêtre des neuf mois suivant la clôture. Le document se télécharge ensuite au format Word ou PDF, prêt à signer et à archiver dans le registre des décisions. Le modèle de statuts de SCI à remplir en ligne suit une logique de personnalisation identique pour les sociétés civiles ayant opté pour l'impôt sur les sociétés.