En droit du travail français, la variation ne se joue pas d'une région à l'autre mais d'une convention collective à l'autre, et c'est un point que trop d'employeurs négligent. La Métallurgie, le Bâtiment, la Syntec ou l'Hôtellerie-restauration fixent chacune leurs propres échelles de sanctions, parfois plus protectrices que le socle légal. Certaines conventions imposent une procédure interne préalable, la consultation d'une commission de discipline ou un délai de réflexion spécifique avant toute mise à pied. Vérifiez toujours votre convention avant de prononcer la sanction, car une clause conventionnelle plus favorable au salarié l'emporte sur la seule application du Code du travail.
Le règlement intérieur joue un rôle déterminant et sa portée dépend de l'effectif. Il devient obligatoire dès cinquante salariés, seuil en deçà duquel de nombreuses entreprises n'en disposent pas. Or, sans règlement intérieur fixant la nature et l'échelle des sanctions, l'employeur ne peut valablement prononcer de mise à pied disciplinaire : la sanction serait annulable par le juge. Une TPE souhaitant conserver cette possibilité a donc tout intérêt à se doter d'un règlement, même sans y être légalement contrainte.
Le statut du salarié module également la procédure. Les salariés protégés bénéficient de garanties spécifiques, et l'apprenti comme le salarié en période d'essai relèvent eux aussi de règles particulières, la procédure disciplinaire s'appliquant même durant l'essai. Pour formaliser d'autres étapes de la vie du contrat, l'avenant au contrat de travail répond aux besoins de modification, tandis que le certificat de travail intervient au terme de la relation.
Comment remplir cette notification de mise à pied disciplinaire
Vous commencez par renseigner l'identité complète de l'entreprise et celle du salarié concerné, puis le formulaire vous demande de préciser le poste et la date d'embauche pour situer le contexte. Vient ensuite l'étape centrale : la description des faits fautifs, où le document vous guide pour dater chaque manquement et le rattacher à un motif précis, plutôt qu'à une formule générale que le juge rejetterait. Vous indiquez la date de l'entretien préalable déjà tenu, ce qui permet de vérifier automatiquement que la notification respecte le délai de deux jours ouvrables minimum et d'un mois maximum. Vous fixez enfin la durée de la mise à pied avec ses dates de début et de fin, le modèle rappelant à ce stade la nécessité de ne pas dépasser le plafond de votre règlement intérieur. Le document se termine sur les voies de recours et la signature. Vous téléchargez alors votre notification au format Word ou PDF, prête à être remise en main propre contre décharge ou adressée en recommandé. Pour la suite d'une procédure plus grave, la notification de licenciement à un salarié prend le relais.