Le bail de colocation repose au Maroc sur deux textes complémentaires. La loi n° 67-12 relative à l'organisation des rapports contractuels entre les bailleurs et les locataires des locaux à usage d'habitation ou à usage professionnel, promulguée par le Dahir n° 1-13-111 du 19 novembre 2013, constitue le texte de référence pour tout bail d'habitation depuis qu'elle a abrogé l'ancien régime de 1980. Le Dahir formant Code des obligations et des contrats du 12 août 1913 s'applique à titre subsidiaire pour tout ce que la loi spéciale ne tranche pas : formation du contrat, consentement, et surtout régime de la solidarité entre codébiteurs. Cette articulation est décisive en colocation, car c'est le DOC, et non la loi 67-12, qui gouverne le sort de la dette de loyer entre plusieurs preneurs.
L'article 3 de la loi 67-12 impose un écrit comportant l'identité des parties, la désignation et la description du local, le montant du loyer, sa périodicité et la durée du bail. Le contrat doit être établi en au moins deux exemplaires. L'état des lieux d'entrée, prévu aux articles 7 et 8, est obligatoire et doit être annexé. Le dépôt de garantie, encadré par l'article 21, ne peut excéder deux mois de loyer et doit être restitué dans un délai maximal de deux mois après remise des clés.
Le point que tout colocataire doit comprendre tient en une phrase : la solidarité ne se présume jamais. L'article 164 du DOC énonce que la solidarité entre débiteurs ne se présume point et doit résulter expressément du titre constitutif de l'obligation. Sans clause de solidarité écrite, chaque colocataire ne doit au bailleur que sa propre part du loyer, et le propriétaire ne peut réclamer la totalité à un seul. Pour le détail officiel du régime locatif, le texte de la loi 67-12 publié au Bulletin officiel via le Secrétariat général du gouvernement fait foi. Cette mécanique de la solidarité conditionne directement la rédaction des clauses financières du bail, comme le confirme tout modèle de contrat de location meublée longue durée au Maroc destiné aux profils mobiles des grandes villes.
Comment remplir ce contrat de colocation
Vous commencez par renseigner l'identité du bailleur puis celle de chaque colocataire, un bloc par occupant, avec numéro de CIN et adresse. Le modèle ajoute autant de preneurs que nécessaire et génère une signature par personne. Vous décrivez ensuite le logement, son adresse précise, sa superficie, l'étage et le numéro d'appartement, conformément aux mentions exigées par la loi 67-12. Vient le volet financier : vous indiquez le loyer global mensuel, sa périodicité de paiement, le montant du dépôt de garantie dans la limite de deux mois, puis la répartition interne entre colocataires. À cette étape, vous activez la clause de solidarité, point sur lequel le formulaire attire votre attention car son absence prive le bailleur de toute garantie réelle. Vous précisez enfin la durée du bail, le préavis applicable à chaque partie et les conditions de remplacement d'un colocataire. Une fois ces champs renseignés, vous téléchargez le contrat en PDF et en Word, prêt à imprimer en autant d'exemplaires que de signataires, plus un pour le bailleur. Pour les colocataires qui exercent une activité indépendante, le catalogue propose aussi des actes utiles comme une lettre de procuration pour déléguer ses pouvoirs au Maroc en cas d'absence prolongée.