Le régime de la mise en demeure repose entièrement sur le Dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913) formant Code des obligations et des contrats, texte fondateur du droit privé marocain toujours en vigueur après plus d'un siècle d'application. L'article 254 du DOC en pose le principe : le débiteur est en demeure lorsqu'il est en retard d'exécuter son obligation, en tout ou en partie, sans cause valable. La demeure n'est donc pas un état automatique ; elle suppose un retard fautif et, le plus souvent, une démarche du créancier.
L'article 255 du DOC règle les modalités selon que l'obligation comporte ou non un terme. Lorsqu'une échéance a été fixée par l'acte, le débiteur est constitué en demeure par la seule arrivée du terme, sans formalité particulière. En revanche, lorsqu'aucun délai n'a été convenu, le créancier doit procéder à une interpellation formelle qui exprime deux choses : la requête d'exécuter dans un délai raisonnable, puis l'avertissement qu'à défaut, le créancier se considérera dégagé de ses propres engagements. Cette double exigence est la colonne vertébrale de toute mise en demeure valable au Maroc.
Les effets attachés à l'acte sont substantiels. À compter de la réception, les intérêts moratoires courent au profit du créancier en vertu de l'article 263 du DOC, et le débiteur en demeure répond désormais du cas fortuit et de la force majeure selon l'article 266. La mise en demeure interrompt par ailleurs le délai de prescription de l'action. Pour le détail des dispositions applicables, le texte consolidé figure sur le portail officiel de la justice marocaine, source de référence pour vérifier les articles cités. Depuis la loi n° 53-05 sur l'échange électronique de données juridiques, l'écrit sous forme électronique est admis lorsque la loi exige un écrit, ce qui ouvre la voie aux mises en demeure numériques sous conditions de fiabilité.
Comment remplir votre mise en demeure
Vous commencez par préciser votre qualité et celle du destinataire, puis le générateur adapte la structure de l'acte selon que vous êtes un particulier réclamant un prêt, un bailleur visant un loyer ou une entreprise relançant une facture. Vous renseignez ensuite l'objet exact de l'obligation : le montant en chiffres et en lettres pour une dette, ou la description de la prestation attendue, avec la date et la référence du contrat ou de la facture concernée. Le formulaire vous invite à exposer la chronologie des faits, des échanges antérieurs aux relances déjà adressées, afin de démontrer votre bonne foi devant un éventuel tribunal.
Vous fixez alors le délai d'exécution accordé, le modèle proposant par défaut une fourchette conforme aux usages marocains. Les références aux articles 254 et 255 du DOC s'insèrent automatiquement pour qualifier l'acte d'interpellation formelle. Vous choisissez enfin les conséquences annoncées en cas de silence, de la saisine judiciaire au recours au commissaire judiciaire. Le document se télécharge ensuite en Word et PDF, prêt à dater, signer et expédier par le canal de votre choix. Pour gérer en amont les engagements financiers à l'origine de bien des litiges, consultez notre modèle de reconnaissance de dette au Maroc.