La société anonyme régie par la loi n° 17-95 est la forme juridique de référence pour les projets marocains de grande envergure : industries capitalistiques, holdings, sociétés destinées à la cotation à la Bourse de Casablanca, joint-ventures avec partenaires étrangers. La rédaction des statuts de SA conditionne tout : gouvernance, pouvoirs des dirigeants, modalités de cession des actions, contrôle des comptes. Un texte mal calibré expose les fondateurs à des contestations en assemblée, à des refus d'immatriculation au registre du commerce, voire à la nullité de certaines décisions sociales.
Notre modèle de statuts de société anonyme au Maroc couvre les deux modes de gouvernance prévus par la loi 17-95 — conseil d'administration classique et directoire associé à un conseil de surveillance — pour un capital social minimum de 300 000 dirhams (3 millions en cas d'appel public à l'épargne). Téléchargeable au format Word et PDF, il est conçu pour franchir sans accroc le greffe du tribunal de commerce et l'OMPIC.
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Modèle statuts société anonyme Maroc – Conformes loi 17-95
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Qu'est-ce que les statuts d'une société anonyme au Maroc ?
Les statuts sont l'acte constitutif de la société anonyme : un contrat écrit signé par tous les actionnaires fondateurs qui fixe la forme, la durée, la dénomination, le siège, l'objet et le montant du capital, conformément à l'article 2 de la loi 17-95. Sans statuts régulièrement déposés au greffe du tribunal de commerce du ressort du siège social, aucune immatriculation au registre du commerce n'est possible, et donc aucune personnalité morale. La SA n'existe juridiquement qu'à compter de cette immatriculation, comme le précise l'article 7 de la même loi.
Il faut distinguer les statuts de la SA des statuts de SARL au Maroc, qui relèvent d'un régime totalement différent. La SARL est une société hybride à dominante personnelle, régie par la loi 5-96, accessible avec un capital symbolique et un seul associé. La SA, à l'inverse, est une société de capitaux pure, qui exige au minimum cinq actionnaires (article 1 de la loi 17-95), un capital plancher de 300 000 dirhams, un commissaire aux comptes obligatoire dès la constitution, et une mécanique de gouvernance lourde mais protectrice. Les actions sont des titres négociables, librement cessibles sauf clause d'agrément statutaire. C'est cette négociabilité, conjuguée à la limitation de responsabilité aux apports, qui rend la SA incontournable pour lever des capitaux significatifs ou préparer une introduction en bourse.
Cadre légal
Le régime des statuts de SA est encadré par la loi n° 17-95 relative aux sociétés anonymes, promulguée par le dahir n° 1-96-124 du 30 août 1996, modifiée et complétée à plusieurs reprises, notamment par la loi n° 20-05 du 23 mai 2008 qui a profondément réformé les règles de gouvernance, puis par la loi n° 78-12 du 29 juillet 2015 qui a renforcé les obligations de transparence et le rôle des commissaires aux comptes. La loi n° 19-20 du 14 juillet 2021 a quant à elle créé la société par actions simplifiée, abrogeant l'ancien titre XV consacré à la SA simplifiée. La consolidation officielle de l'ensemble est consultable sur le texte intégral de la loi 17-95 publié par l'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux.
Les exigences de fond sont strictes. Le capital ne peut être inférieur à 300 000 dirhams pour une SA fermée et à 3 millions de dirhams dès lors qu'il y a appel public à l'épargne, conformément à l'article 6 de la loi 17-95. Le capital doit être intégralement souscrit avant signature des statuts, et les apports en numéraire libérés du quart au moins lors de la souscription, le solde devant intervenir dans un délai maximum de trois ans à compter de l'immatriculation (article 21). La valeur nominale d'une action ne peut descendre sous 50 dirhams, ramenée à 10 dirhams pour les sociétés cotées. Les apports en industrie sont strictement interdits, et les apports en nature font l'objet d'une évaluation par un commissaire aux apports désigné par les fondateurs, dont le rapport est annexé aux statuts (article 24).
Côté forme, les statuts doivent être signés par tous les actionnaires, déposés au greffe du tribunal de commerce compétent, suivis d'un avis publié au Bulletin officiel et dans un journal d'annonces légales, puis d'une immatriculation au registre du commerce auprès de l'OMPIC. Toute omission de mention obligatoire prévue à l'article 12 est susceptible d'entraîner la nullité de la société, sauf régularisation. C'est précisément pour cette raison que les fondateurs s'appuient sur un modèle éprouvé plutôt que sur une rédaction improvisée.
Quand utiliser ce modèle de statuts de SA ?
Le cas le plus fréquent est la constitution d'une société de capitaux destinée à porter un projet industriel ou immobilier d'envergure : la SA reste la forme préférée des promoteurs immobiliers, des unités hôtelières structurées et des sociétés agro-industrielles bénéficiant d'incitations Plan Maroc Vert. Elle s'impose dès que le tour de table dépasse quatre associés ou que les apports en capital atteignent plusieurs centaines de milliers de dirhams. La rigueur de sa gouvernance rassure les banques marocaines au moment de négocier un crédit d'investissement, et facilite l'entrée d'investisseurs institutionnels comme la CDG, MITC Capital ou les fonds de capital-développement panafricains.
Un deuxième scénario classique : la transformation d'une SARL devenue trop étroite. Beaucoup de PME marocaines créées il y a dix ou quinze ans en SARL atteignent un seuil où le régime des parts sociales nominatives, les agréments à la majorité des trois quarts et l'impossibilité d'émettre des obligations bloquent leur croissance. Le passage en SA, décidé en assemblée générale extraordinaire, ouvre l'accès au financement obligataire, à la cession libre des actions et, le cas échéant, au marché alternatif de la Bourse de Casablanca. Pour structurer simultanément les contrats RH liés à cette montée en puissance, beaucoup de dirigeants s'appuient sur les modèles disponibles en gestion d'entreprise et droit du travail marocain.
Troisième usage : la filiale marocaine d'un groupe étranger ou la joint-venture entre un opérateur local et un partenaire international. La SA offre un cadre familier aux juristes français, espagnols, allemands, qui retrouvent dans la loi 17-95 des mécanismes proches de leurs régimes nationaux. Enfin, deux cas de figure plus rares mais réels : la holding familiale destinée à organiser la transmission patrimoniale entre plusieurs branches, et la société de projet (project company) constituée pour porter une concession publique ou un contrat de partenariat public-privé, où la forme SA est souvent imposée par le cahier des charges.
Clauses clés intégrées dans notre modèle
- Identification précise des actionnaires fondateurs. Chaque actionnaire personne physique est désigné par ses nom, prénom, date et lieu de naissance, nationalité, numéro de CIN ou de passeport, et domicile. Chaque actionnaire personne morale est identifié par sa dénomination, sa forme, son siège, son numéro de RC et l'identité du représentant légal qui signe les statuts. Un défaut d'identification, même partiel, est l'un des motifs les plus courants de rejet au greffe.
- Capital social et répartition des actions. Le modèle détaille le montant du capital, sa division en actions de valeur nominale unique, la nature des apports (numéraire et nature distingués), le quart minimum libéré à la souscription, et l'identité des souscripteurs avec le nombre d'actions attribuées à chacun. Pour les apports en nature, une clause renvoie expressément au rapport du commissaire aux apports annexé aux statuts.
- Forme des actions et clauses d'agrément. Les statuts précisent si les actions sont nominatives ou au porteur — la loi de finances 2019 ayant imposé la dématérialisation des titres au porteur cotés. Une clause d'agrément facultative permet de soumettre toute cession à l'approbation préalable du conseil d'administration, indispensable dans les pactes familiaux et les joint-ventures.
- Choix du mode de gouvernance. Le modèle propose deux variantes complètes : conseil d'administration (le plus répandu, avec un président qui peut cumuler la direction générale ou s'effacer derrière un directeur général distinct) et directoire avec conseil de surveillance (préféré pour séparer fonctions de gestion et fonctions de contrôle, courant dans les filiales de groupes allemands ou français). Les pouvoirs, durée des mandats, modalités de convocation et de vote sont détaillés pour chaque organe.
- Commissariat aux comptes. La nomination d'un ou plusieurs commissaires aux comptes est obligatoire dès la constitution, pour une durée de trois exercices, conformément aux articles 159 et suivants de la loi 17-95. Les statuts désignent le premier commissaire et fixent la procédure de renouvellement.
- Assemblées générales et droits de vote. Modalités de convocation, quorum, majorité, droit de communication aux actionnaires, faculté pour un actionnaire détenant au moins 5 % du capital — ou 2 % au-delà de cinq millions de dirhams de capital — d'inscrire des projets de résolution à l'ordre du jour.
- Affectation des résultats et constitution des réserves. Réserve légale obligatoire de 5 % du bénéfice net jusqu'à 10 % du capital, réserves statutaires facultatives, modalités de distribution des dividendes.
Considérations régionales
Le siège social fixé dans les statuts détermine la compétence territoriale du tribunal de commerce auprès duquel le dépôt est effectué et l'immatriculation au registre du commerce sollicitée. Les délais et la pratique varient sensiblement d'une juridiction à l'autre, et il est utile d'en avoir conscience avant de finaliser la domiciliation.
Casablanca-Settat concentre la majorité des constitutions de SA en raison du poids économique de la région et du tissu bancaire. Le tribunal de commerce de Casablanca traite des centaines de dépôts chaque semaine ; les délais d'immatriculation à l'OMPIC y sont historiquement les plus courts, mais le moindre défaut formel dans les statuts entraîne un rejet quasi automatique. Les sociétés du secteur financier, des médias, de l'agro-alimentaire et de l'immobilier de bureau y trouvent un écosystème complet de notaires, experts-comptables et avocats d'affaires habitués à la loi 17-95.
Rabat-Salé-Kénitra capte les SA liées aux concessions publiques, aux contrats de partenariat avec les administrations centrales, à la santé privée et à l'enseignement supérieur. Le tribunal de commerce de Rabat est réputé plus rigoureux sur la précision rédactionnelle des objets sociaux, notamment lorsque l'activité touche à un secteur réglementé (formation, santé, audiovisuel) supposant un agrément ministériel préalable.
Tanger-Tétouan-Al Hoceïma est le territoire de prédilection pour les SA industrielles bénéficiant des avantages de la zone franche de Tanger et du statut de Casablanca Finance City via leurs filiales. La proximité des autorités douanières et la spécificité du régime fiscal offshore exigent une rédaction soignée de l'objet social et des clauses relatives à la libération du capital, surtout lorsque les apports proviennent de souscripteurs non-résidents.
Marrakech-Safi voit surtout des SA liées à l'hôtellerie haut de gamme, au tourisme, à l'immobilier touristique et à l'agro-industrie. Les statuts y intègrent souvent des clauses spécifiques relatives à la détention de biens immobiliers ruraux par des actionnaires étrangers, soumise à autorisation préalable.
Régions du Sud (Laâyoune-Sakia El Hamra, Dakhla-Oued Ed-Dahab) attirent depuis quelques années des SA dans les énergies renouvelables, la pêche industrielle et la logistique portuaire, avec un dispositif d'incitations fiscales propre. La pratique locale recommande de se rapprocher du tribunal de commerce compétent avant dépôt pour confirmer la liste exacte des pièces et les délais de traitement, qui ne sont pas alignés sur ceux de l'axe Casablanca-Rabat.
Erreurs courantes à éviter
L'erreur la plus dommageable est l'objet social formulé à la hâte. Un objet trop étroit oblige à modifier les statuts à la moindre diversification, avec assemblée générale extraordinaire, dépôt au greffe et publications coûteuses ; un objet trop large peut bloquer l'obtention d'agréments sectoriels qui exigent une activité circonscrite. La rédaction correcte décrit l'activité principale en termes précis, puis ouvre par une clause balai sur "toute opération industrielle, commerciale ou financière se rattachant directement ou indirectement à l'objet ci-dessus ou de nature à en favoriser le développement". Deuxième erreur fréquente, le flou sur la libération du capital : les statuts doivent indiquer expressément le quart libéré et l'engagement de libération du solde dans le délai de trois ans, faute de quoi le commissaire aux apports ou le banquier dépositaire refusera de délivrer l'attestation de blocage des fonds.
Troisième écueil, la désignation des premiers organes sociaux : oublier de nommer le premier président du conseil d'administration ou de fixer la durée du mandat des administrateurs (qui ne peut excéder six ans renouvelables) bloque l'immatriculation. Quatrième erreur, négliger les clauses d'agrément ou de préemption dans les pactes familiaux et les joint-ventures : sans clause statutaire expresse, les actions sont librement cessibles à tout tiers, ce qui ruine l'intention initiale des fondateurs. Enfin, la confusion entre clauses statutaires et pacte d'actionnaires extra-statutaire : l'article 11 de la loi 17-95 dispose qu'aucun moyen de preuve n'est admis contre le contenu des statuts entre actionnaires, ce qui rend inopposable un pacte secret dérogeant aux statuts. Les engagements importants doivent figurer dans les statuts eux-mêmes ou dans un pacte annexé et reconnu.
Questions fréquentes
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Comment remplir vos statuts de SA sur Captain.Legal
Le parcours démarre par le choix du mode de gouvernance, conseil d'administration ou directoire avec conseil de surveillance. Le formulaire ajuste ensuite l'ensemble des clauses pour refléter la structure retenue : si vous choisissez le conseil d'administration, les sections relatives au directoire disparaissent automatiquement et inversement. Vous renseignez la dénomination sociale, l'objet — formulé de façon suffisamment large pour anticiper les évolutions d'activité, sans toutefois noyer l'activité principale dans un catalogue —, la durée et le siège social.
Vous saisissez ensuite le capital, sa division en actions et la valeur nominale retenue. L'interface contrôle automatiquement le respect du plancher légal de 300 000 dirhams et de la valeur nominale minimale de 50 dirhams. L'identification des cinq actionnaires fondateurs minimum se fait par formulaire dédié, avec ventilation du nombre d'actions souscrites par chacun et indication des apports en nature éventuels.
Vient ensuite la désignation des premiers administrateurs ou membres du directoire et du conseil de surveillance, du président, et du ou des commissaires aux comptes — qui doivent être inscrits au tableau de l'Ordre des experts-comptables marocains. Les clauses optionnelles (agrément des cessionnaires, droit de préemption, parité hommes-femmes au conseil, comités spécialisés) se choisissent par cases à cocher. Le document final est généré aux formats Word et PDF, prêt à signer, paraphage et dépôt au greffe. Pour structurer le projet en parallèle des contrats commerciaux que la nouvelle SA aura besoin de signer, le catalogue tous les modèles juridiques disponibles au Maroc regroupe baux, contrats de prestation et procurations utiles dès l'immatriculation.