Le testament marocain est régi par le Livre III de la Moudawana (Code de la famille, Dahir n° 1-04-22 du 3 février 2004), précisément aux articles 277 à 322. L'article 277 le définit comme l'acte par lequel une personne constitue, sur le tiers de ses biens, un droit qui devient exigible à son décès. Cette définition contient déjà la règle cardinale du droit successoral marocain : la quotité disponible est limitée au tiers du patrimoine. Au-delà de ce tiers, le legs n'est valable qu'avec l'accord exprès des héritiers réservataires, donné après le décès. Cette limite, héritée du droit musulman, vise à protéger les parts réservées que la loi attribue impérativement aux héritiers fard et açaba.
La deuxième règle est tout aussi stricte et surprend souvent les testateurs. On ne peut pas léguer à un héritier : l'article 280 interdit le testament en faveur d'une personne qui aura la qualité d'héritier au jour du décès, sauf permission des autres héritiers. Un père ne peut donc pas, par testament olographe, avantager l'un de ses enfants au détriment des autres. Le calcul du tiers disponible ne s'effectue d'ailleurs qu'après déduction des frais funéraires et du paiement des dettes du défunt, comme le rappelle l'article 322 sur la consistance de la succession.
Sur la forme, l'article 295 exige que le consentement du testateur soit exprimé sans ambiguïté, et l'article 296 admet l'écrit manuscrit signé. La réforme de 2004 a supprimé l'ancienne obligation d'enregistrer le testament dans un délai de trois jours auprès des adouls, ce qui sécurise désormais les testaments olographes restés dans un tiroir. Le testateur conserve un droit de révocation absolu jusqu'à son décès (article 309), même s'il s'était engagé à ne pas revenir sur ses volontés. Pour le texte de référence officiel, la version consolidée du Code de la famille publiée par le portail du Secrétariat général du gouvernement marocain fait foi. La rédaction d'un testament gagne souvent à être accompagnée d'autres actes de prévoyance, comme une procuration pour déléguer ses pouvoirs au Maroc en cas d'incapacité passagère.
Comment remplir ce testament olographe
Vous commencez par renseigner votre identité complète de testateur, telle qu'elle figure sur votre carte d'identité nationale, puisque c'est cette concordance qui rendra l'acte incontestable. Le formulaire vous demande ensuite d'indiquer le ou les légataires que vous souhaitez gratifier, en précisant leur lien avec vous ; à ce stade, le document vous alerte automatiquement si le bénéficiaire désigné risque d'avoir la qualité d'héritier, ce qui invaliderait le legs sans l'accord des autres héritiers. Vous décrivez alors l'objet du legs, somme d'argent, bien immeuble ou droit, et le modèle rappelle la limite du tiers de la succession. Le texte intègre ensuite les mentions légales de révocabilité et la formulation conforme à la Moudawana. Une fois le contenu validé, vous obtenez un document prêt à être recopié intégralement à la main, daté et signé, comme l'exige le testament olographe. Le fichier vous est livré en formats Word et PDF, pour que vous puissiez l'imprimer, le conserver et, si vous le souhaitez plus tard, le faire authentifier devant adouls.