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Mise en demeure de payer le loyer | Loi 67-12, art. 24 à 27

Mise en demeure de payer les loyers conforme aux articles 24 à 27 de la loi 67-12, préalable à l'expulsion prévue par l'article 56. Modèle Word et PDF.
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La mise en demeure de payer les loyers est l'acte par lequel le bailleur somme son locataire de régler, dans un délai déterminé, les loyers et charges restés impayés. Au Maroc, ce n'est pas une simple relance : la loi n° 67-12 en fait le point de départ de la procédure accélérée de recouvrement et le préalable obligatoire à l'action en résiliation du bail et expulsion pour défaut de paiement. Notre modèle s'adresse aux propriétaires, aux MRE et aux mandataires qui veulent un acte recevable du premier coup. Il couvre les locaux d'habitation et professionnels, meublés ou vides.

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Mise en demeure de payer le loyer | Loi 67-12, art. 24 à 27

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Qu'est-ce qu'une mise en demeure de payer les loyers en droit marocain ?

En droit commun, le loyer étant payable à terme fixe, le locataire est déjà en demeure par la seule échéance du terme au sens de l'article 255 du Dahir des obligations et des contrats (DOC). La mise en demeure de la loi n° 67-12 a donc une autre fonction : c'est un acte de procédure qui conditionne l'accès au juge. L'article 24 énumère les mentions qu'elle doit comporter sous peine d'irrecevabilité : noms et prénoms des parties tels qu'ils figurent au bail, adresse du bailleur, adresse du local loué, montant du loyer et des charges réclamés, période concernée et total des impayés. L'article 25 impose ensuite un délai minimal de quinze jours à compter de la notification. Ce délai expiré sans paiement intégral, le bailleur peut demander la validation de l'acte avec commandement de payer, puis agir en résiliation du bail.

Il faut la distinguer de trois documents voisins. Le congé des articles 45 et 46 met fin au bail avec un préavis d'au moins deux mois ; il peut invoquer les retards de paiement, mais ne réclame aucune somme. Le commandement de payer n'est pas rédigé par le bailleur : il est intégré à l'ordonnance du président du tribunal. Quant à la lettre de relance amiable, elle garde une trace sans déclencher aucun mécanisme légal.

Cadre juridique

Le texte de référence est la loi n° 67-12 relative à l'organisation des rapports contractuels entre les bailleurs et les locataires des locaux à usage d'habitation ou à usage professionnel, promulguée par le dahir n° 1-13-111 du 15 moharrem 1435 (19 novembre 2013). Son chapitre IV organise une procédure dérogatoire verrouillée par l'article 22 : elle ne s'applique que si le rapport locatif est établi par un acte écrit à date certaine (signatures légalisées, acte enregistré, adoulaire ou notarié, conformément à l'article 425 du DOC) ou par un jugement définitif fixant le loyer. D'où l'intérêt de partir d'un contrat de location de logement vide conforme à la loi 67-12 dès l'entrée dans les lieux.

Lorsque ces conditions sont réunies, les articles 26 et 27 permettent au bailleur de saisir le président du tribunal de première instance, qui statue dans les quarante-huit heures sur la base du procès-verbal de notification et rend une ordonnance de validation avec commandement de payer, exécutoire sur minute. Le rejet n'est susceptible d'aucun recours (article 28), mais l'action selon les règles générales reste ouverte, et le locataire en difficulté peut solliciter des délais de paiement (article 29). L'article 56 autorise ensuite la résiliation et l'expulsion sans préavis en cas de défaut de paiement du loyer échu malgré la mise en demeure ; le jugement est assorti de l'exécution provisoire si l'ordonnance de validation est restée inexécutée. Le tribunal compétent est celui du lieu de situation du local (article 71). La loi protège aussi le locataire : l'article 30 sanctionne le bailleur qui poursuit la procédure de mauvaise foi après avoir été payé, par une indemnité de deux à six mois de loyer.

Les formes de notification relèvent désormais du nouveau Code de procédure civile issu de la loi n° 58-25. Les textes officiels sont publiés sur le portail du Secrétariat général du gouvernement, éditeur du Bulletin officiel du Royaume.

Quand adresser cette mise en demeure ?

Le cas courant est celui du locataire qui accumule deux ou trois échéances de retard. La loi 67-12 ne fixe aucun seuil minimal d'impayés : un seul terme échu et non réglé permet d'agir, le juge restant libre d'apprécier la gravité du manquement. Le paiement partiel est l'autre cas fréquent : l'article 26 vise expressément le non-paiement total ou partiel, et l'acte détaille alors mois par mois le solde dû.

Les charges locatives prévues au bail justifient le même traitement. Vient ensuite le locataire qui suspend son loyer pour protester contre un défaut d'entretien. L'article 21 lui interdit de s'abstenir de payer pour ce motif : il doit saisir le tribunal pour obtenir une réduction. Enfin, lorsqu'un locataire de bonne foi reconnaît sa dette et propose un échéancier, la mise en demeure peut précéder une reconnaissance de dette avec plan de remboursement, sans renoncer à la procédure. Un cas limite mérite d'être signalé : avec un bail verbal ou non légalisé, la mise en demeure reste utile comme preuve, mais la voie rapide des articles 26 et 27 est fermée tant qu'un jugement n'a pas fixé le loyer.

Clauses clés de notre modèle

  • L'identification des parties reprend les noms exactement tels qu'ils figurent au bail ou au jugement fixant le loyer, avec le numéro de CIN ou de carte de séjour et l'adresse du bailleur exigée par l'article 24. Une divergence d'orthographe suffit parfois à faire rejeter la demande de validation.
  • La désignation du local loué indique l'adresse précise, l'étage, le numéro d'appartement et, si le locataire réside ailleurs, son domicile effectif. Cette double adresse limite les notifications infructueuses.
  • Le décompte détaillé des impayés ventile le loyer et les charges, période par période, puis arrête un total en chiffres et en lettres. Il n'ajoute aucun intérêt conventionnel, dont la stipulation entre musulmans est nulle selon l'article 870 du DOC ; les éventuels dommages-intérêts se réclament devant le juge.
  • Le délai de régularisation est fixé à quinze jours au minimum à compter de la notification, conformément à l'article 25.
  • Les modes de paiement reprennent ceux de l'article 25 : remise contre quittance au bailleur ou à son mandataire, virement sur un RIB indiqué dans l'acte, dépôt à la caisse du tribunal.
  • La mention des suites légales avertit le locataire qu'à défaut de paiement, le bailleur demandera la validation et pourra agir sur le fondement de l'article 56. Si un garant s'est engagé par un acte de caution solidaire pour la location, une version à lui adresser est prévue.

Considérations pratiques selon le bien et la ville

Casablanca et Rabat concentrent une large part du contentieux locatif du Royaume. Le procès-verbal de notification et une copie du bail à date certaine doivent être joints à la requête. Déposez-la dès l'expiration du délai, tant que le décompte est exact. Un paiement reçu entre-temps et passé sous silence expose le bailleur à l'article 30.

Marrakech, Tanger et Agadir comptent une forte proportion de bailleurs non résidents, souvent des MRE ou des étrangers propriétaires d'un appartement ou d'un riad. Lorsqu'ils agissent par mandataire, l'identité de celui-ci et la référence de sa procuration figurent dans l'acte. La langue des juridictions étant l'arabe, prévoyez une traduction par un traducteur agréé près les juridictions si le juge l'exige pour un acte rédigé en français. Une location saisonnière de moins de trente jours sort par ailleurs du champ de la loi 67-12.

Les locaux professionnels (cabinet médical, étude, bureau de profession libérale) suivent le même régime que l'habitation. Les locaux commerciaux, en revanche, relèvent de la loi n° 49-16 relative aux baux des immeubles ou des locaux loués à usage commercial, industriel ou artisanal, dont l'article 8 organise une mise en demeure propre, liée à un arriéré d'au moins trois mois de loyer. Utiliser le modèle d'habitation pour un fonds de commerce est une erreur de fond. Pour ces baux, appuyez-vous sur un contrat de bail commercial rédigé selon la loi 49-16 et sur une mise en demeure adaptée.

Comment remplir cette mise en demeure de payer les loyers

Vous commencez par indiquer la nature du local et la forme du bail, en précisant s'il a été légalisé ou enregistré. Le formulaire vous demande ensuite l'identité du bailleur, ou de la personne morale et de son représentant, puis celle de chaque locataire signataire. Vient l'adresse du bien, complétée au besoin par le domicile réel du locataire. Vous saisissez ensuite le loyer mensuel, les charges, la date de chaque échéance impayée et les versements partiels reçus. Il ne reste qu'à choisir le délai de régularisation, fixé par défaut à quinze jours, et les modes de paiement acceptés.

Le document est généré en Word et en PDF, prêt à être remis à un commissaire judiciaire pour notification. Il complète vos autres documents de gestion locative au Maroc. Conservez une copie signée et le procès-verbal de notification : ce sont les deux pièces que le président du tribunal exigera.

Erreurs fréquentes à éviter

La faute la plus répandue consiste à envoyer un courrier simple, voire un message WhatsApp, et à le croire suffisant. La validation suppose une notification régulière dans les formes du Code de procédure civile, en pratique confiée à un commissaire judiciaire qui en dresse procès-verbal. Deuxième erreur, le décompte approximatif qui mélange loyers, pénalités non prévues au bail et frais de remise en état. Une mise en demeure qui réclame plus que ce qui est dû devient un risque pour le bailleur lui-même. Troisième piège, le délai : fixer huit jours, ou le faire courir de la date d'envoi plutôt que de la notification, rend l'acte irrecevable au regard de l'article 25.

Les autres erreurs tiennent au comportement du bailleur. Couper l'eau ou changer la serrure constitue une voie de fait qui retourne le dossier contre son auteur. Imputer d'office le dépôt de garantie sur les impayés en cours de bail est tout aussi risqué, sauf clause expresse prévue par l'article 20. Beaucoup oublient aussi de mettre en demeure la caution solidaire, alors qu'elle règle souvent la dette la première. Ne laissez pas le dossier dormir après l'ordonnance : son exécution conditionne la suite de la procédure d'expulsion.

Les points clés à retenir

Recevabilité

Les mentions décident de la demande

Ce courrier ne sert pas seulement à relancer le locataire: il ouvre la voie au juge. L'article 24 de la loi 67-12 exige l'identité des parties, les adresses, le montant réclamé, la période visée et le total dû. Une mention manquante peut faire tomber la demande avant même le débat sur la dette.

Délai légal

Quinze jours minimum avant le juge

Après notification, le locataire doit disposer d'au moins quinze jours pour payer intégralement les sommes indiquées, selon l'article 25. Si ce temps passe sans règlement complet, le propriétaire peut demander la validation avec ordre de payer. Avant cela, la procédure accélérée reste bloquée, même si les loyers sont réellement en retard.

Expulsion

La suite peut aller très vite

Avec un bail écrit à date certaine ou un jugement fixant le loyer, le président du tribunal peut statuer dans les quarante-huit heures, d'après les articles 26 et 27. Si l'ordonnance reste sans effet, l'article 56 permet de demander la résiliation et l'expulsion sans préavis. Mais poursuivre après paiement expose le bailleur à une indemnité.

Questions fréquentes

Oui, à condition d'être correctement complétée et notifiée. Le modèle reprend les mentions exigées par l'article 24 de la loi n° 67-12 sous peine d'irrecevabilité, ainsi que le délai minimal de quinze jours de l'article 25. Sa portée dépend ensuite de deux éléments extérieurs au document : un bail écrit à date certaine, ou un jugement fixant le loyer, pour accéder à la procédure de validation, et une notification régulière. Un acte bien rédigé mais remis de la main à la main reste une preuve utile, sans ouvrir la voie accélérée.

Vous obtenez le document en Word et en PDF dès qu'il est complété. La version Word permet d'ajuster une mention avant signature ; le PDF fige le contenu pour la notification et l'archivage. Prévoyez un exemplaire par locataire signataire, chacun devant être notifié. Si vous gérez plusieurs biens, le catalogue complet des modèles juridiques marocains regroupe les autres actes utiles à votre gestion locative.

Le locataire dispose d'au moins quinze jours à compter de la notification, et non de l'envoi. Selon l'article 73 de la loi n° 67-12, les délais sont francs : ni le jour de la notification ni celui de l'échéance ne sont comptés. Vous pouvez accorder un délai plus long, jamais plus court. S'il paie intégralement dans ce délai, la procédure s'arrête. À défaut, la demande de validation peut être déposée et le président du tribunal statue dans les quarante-huit heures suivant son enregistrement.

Pour un local d'habitation ou professionnel, la loi 67-12 ne fixe aucun minimum : un seul terme échu et impayé permet d'adresser une mise en demeure. Le seuil de trois mois de loyers que l'on lit souvent vient en réalité de l'article 8 de la loi n° 49-16 sur les baux commerciaux. En pratique, agir dès le deuxième mois laisse au locataire une vraie chance de régulariser.

Une fois le bail résilié, le locataire qui se maintient dans le logement devient occupant sans droit ni titre. L'article 13 de la loi n° 67-12 prévoit alors une indemnité d'occupation fixée par le tribunal, qui ne peut être inférieure au double du loyer, outre la réparation des dégradations établies. L'expulsion ne peut être exécutée qu'en vertu d'une décision de justice, par le commissaire judiciaire chargé de l'exécution, jamais par le bailleur lui-même.

C'est vivement recommandé. Engagée solidairement, la caution ne peut pas exiger que le bailleur poursuive d'abord le locataire : la solidarité la prive du bénéfice de discussion prévu par le DOC. Lui adresser une mise en demeure parallèle, avec le même décompte, l'informe précisément de l'étendue de la dette et accélère souvent le règlement. Vérifiez au préalable que l'acte de caution couvre bien les loyers et charges réclamés, ainsi que la période concernée.

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Mis à jour le 7 octobre 2026

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