Les établissements d'au moins dix salariés permanents doivent disposer de délégués élus, conformément à l'article 430 du Code du travail. Le salarié choisit alors parmi ces délégués ou parmi les représentants syndicaux présents dans l'entreprise. La convocation rappelle ce droit sans désigner elle-même la personne qui l'assistera, car le choix lui appartient seul. Ces mêmes employeurs sont tenus d'établir un règlement intérieur au titre de l'article 138, qui fixe notamment les règles disciplinaires. Certaines conventions collectives ou statuts du personnel ajoutent une étape, comme un conseil de discipline : la convocation doit alors respecter ces garanties supplémentaires.
Les petites structures sans délégué posent une difficulté que le texte ne règle pas. La pratique admet l'assistance par un collègue de l'entreprise choisi par le salarié. La jurisprudence de 2019 invite en revanche à écarter toute personne extérieure de la séance. Le procès-verbal mentionne alors que le salarié a été informé de son droit et indique qui l'a assisté.
Les salariés protégés obéissent à un régime renforcé. Selon l'article 457, le changement de service, la mise à pied, la suspension ou le licenciement envisagé contre un délégué des salariés, titulaire ou suppléant, doit faire l'objet d'une décision approuvée par l'agent chargé de l'inspection du travail. Sans cette approbation, la mesure est irrégulière, même si l'audition a été parfaitement conduite.
La compétence territoriale de l'inspection compte pour les entreprises implantées dans plusieurs villes. C'est l'agent rattaché au lieu de travail qui reçoit la copie de la décision et intervient en cas de refus : un salarié d'une agence de Marrakech ou de Tanger relève de la délégation provinciale locale, même si le siège est à Casablanca. Enfin, les travailleurs domestiques échappent à ce schéma, leur relation étant régie par la loi n° 19-12.
Comment remplir cette convocation à l'entretien préalable
Vous commencez par l'identité de l'entreprise et celle du signataire, en précisant s'il agit comme représentant légal ou sur délégation. Le questionnaire vous demande ensuite le nom, le poste, le matricule et l'adresse de remise du salarié. Vient la partie la plus sensible, celle des faits. Vous indiquez la date de constatation, puis vous décrivez les faits en quelques phrases factuelles, sans adjectifs ni conclusions. Avant de choisir la date de l'audition, comptez vous-même huit jours calendaires à partir de cette constatation et retenez une date située bien avant la limite.
Vous précisez ensuite l'heure et le lieu, de préférence dans les locaux pendant l'horaire habituel du salarié, puis la nature de la mesure envisagée et le mode de remise. Le document est généré en Word et en PDF. Relisez-le, signez-le et imprimez deux exemplaires : l'un est remis au salarié, l'autre revient signé avec la mention de réception et rejoint le dossier disciplinaire.