Le texte de base est le dahir n° 1-58-376 du 3 joumada I 1378 (15 novembre 1958) réglementant le droit d'association, profondément remanié par la loi n° 75-00 promulguée par le dahir n° 1-02-206 du 23 juillet 2002. C'est cette réforme qui a inséré l'article 32 bis : les associations qui reçoivent des aides étrangères doivent en faire la déclaration au SGG en spécifiant le montant obtenu et son origine, dans un délai de 30 jours francs à compter de la date d'obtention. Le texte ne fixe aucun seuil. Le délai franc exclut le jour de l'obtention et le jour de l'échéance, mais aucun report n'est prévu lorsque ce dernier tombe un jour férié.
La sanction est sévère. Le second alinéa de l'article 32 bis expose l'association défaillante à la dissolution selon la procédure de l'article 7, qui donne compétence au tribunal de première instance, saisi par toute personne concernée ou par le ministère public. Le juge peut ordonner, à titre conservatoire et nonobstant toute voie de recours, la fermeture des locaux et l'interdiction des réunions. Cette compétence exclusive du juge découle de l'article 12 de la Constitution de 2011, qui interdit aux pouvoirs publics de suspendre ou de dissoudre une association sans décision de justice. Le défaut de déclaration ne se règle donc pas par une simple amende : il menace l'existence même de la personne morale.
L'article 32 bis s'articule avec d'autres régimes. Les partis politiques relèvent de la loi organique n° 29-11, dont l'article 39 impose un financement d'origine exclusivement nationale, tandis que le dahir maintient pour les associations à caractère politique l'exigence de fonds nationaux de l'article 17 et la sanction pénale de l'article 20. La loi n° 43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, modifiée par la loi n° 12-18, conduit par ailleurs les banques à exiger des justificatifs à l'arrivée des virements. Les textes sont publiés au Bulletin officiel, édité par le Secrétariat général du gouvernement, autorité destinataire des déclarations d'aides étrangères. Une refonte du régime associatif est régulièrement annoncée ; tant qu'un nouveau texte n'est pas publié, l'article 32 bis reste la norme applicable.
Comment remplir cette déclaration de financement étranger
Vous commencez par renseigner l'identité de l'association telle qu'elle figure dans les statuts et sur le récépissé définitif, puis celle du signataire habilité. Le questionnaire porte ensuite sur le bailleur : sa nature, son pays et, si les fonds ont transité par un intermédiaire, l'identité de celui-ci. Vous indiquez alors le montant dans sa devise d'origine, sa contre-valeur en dirhams et la date de crédit portée sur l'avis bancaire, qui sert de point de départ au délai de 30 jours francs. Une section décrit le projet financé et la référence de la convention, en cohérence avec l'objet statutaire, avant la liste des pièces jointes.
Le document est livré en Word modifiable et en PDF. Il reste à l'imprimer sur papier à en-tête, à le signer, à y apposer le cachet et à le déposer auprès du SGG contre accusé de réception, ou à l'adresser par courrier recommandé avec accusé de réception. Conservez la preuve de dépôt avec la convention : c'est la seule pièce qui démontre le respect du délai en cas de contrôle.