Le procès-verbal d'assemblée générale extraordinaire est l'acte qui consigne, pour une ASBL belge, la décision collective de modifier ses statuts. C'est lui qui prouve, devant le greffe du tribunal de l'entreprise et devant le Moniteur belge, que les nouveaux statuts ont été adoptés dans le respect du double quorum des deux tiers imposé par l'article 9:21 du Code des sociétés et des associations. Sans ce procès-verbal, la modification statutaire n'a aucune existence juridique opposable, même si chaque membre de l'AG est convaincu de l'avoir votée.
Le document s'adresse aux administrateurs et aux secrétaires d'ASBL francophones de Wallonie et de Bruxelles qui doivent formaliser une réforme des statuts : changement de dénomination, transfert de siège vers une autre Région, refonte de l'objet social, modification du but désintéressé, adaptation au CSA encore tardive, ou toute autre adaptation impérative.
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PV d'AG extraordinaire ASBL : modification des statuts | Modèle
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Qu'est-ce qu'un procès-verbal d'AG extraordinaire de modification des statuts ?
Un procès-verbal d'assemblée générale extraordinaire est un acte écrit dressé à l'issue de la séance, qui relate les décisions prises par l'organe souverain de l'ASBL. Lorsqu'il porte sur une modification statutaire, il acquiert un statut particulier : il devient la pièce maîtresse du dossier de publication aux Annexes du Moniteur belge et la preuve formelle que la décision a été prise dans le respect des règles de quorum et de majorité renforcés. Le Code des sociétés et des associations, entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2020, ne se contente pas de fixer un seuil de votes : il impose une discipline rédactionnelle dont s'écartent encore beaucoup d'ASBL.
Il faut le distinguer de deux documents proches. Le procès-verbal d'AG ordinaire consigne l'approbation des comptes annuels, la décharge des administrateurs et les nominations courantes, et n'exige qu'une majorité simple. Le procès-verbal de réunion de l'organe d'administration émane du conseil et ne peut en aucun cas, à lui seul, modifier les statuts. La modification statutaire relève de la compétence exclusive de l'assemblée générale extraordinaire (art. 9:12, 6° CSA), et l'organe d'administration ne fait que proposer le texte qui sera soumis au vote. Confondre ces trois actes est l'une des causes les plus fréquentes de refus de publication par le greffe.
L'acte est en principe sous signature privée, mais il peut être passé par-devant notaire si les statuts l'imposent ou si l'AG l'estime opportun pour les modifications les plus sensibles.
Cadre légal
La matière est entièrement régie par le livre 9 du Code des sociétés et des associations, introduit par la loi du 23 mars 2019, qui a abrogé l'ancienne loi du 27 juin 1921 sur les ASBL et les AISBL. Toutes les ASBL belges, y compris celles constituées sous l'empire de la loi de 1921, doivent désormais lire leurs obligations à la lumière de ce livre 9, plus précisément des articles 9:1 à 9:27 pour les associations sans but lucratif et 10:1 et suivants pour les associations internationales. Le tribunal compétent en cas de litige est le tribunal de l'entreprise de l'arrondissement où est établi le siège de l'association. Pour les démarches administratives autour de cette entité, les outils complémentaires de démarches associatives et déclarations d'ASBL en Belgique sont rangés dans la même catégorie.
L'article 9:21 CSA fixe la règle qui rend cette page nécessaire. Pour qu'une modification de statuts soit valablement adoptée, au moins deux tiers des membres doivent être présents ou représentés lors de l'assemblée, et au moins deux tiers des voix exprimées doivent se prononcer en faveur du texte proposé. Si la modification touche au but désintéressé ou à l'objet de l'ASBL, ce second seuil grimpe à quatre cinquièmes des voix exprimées. Les abstentions, ainsi que les votes blancs et nuls, sont neutralisés : ils ne comptent ni au numérateur ni au dénominateur du calcul, ce qui constitue une rupture nette avec le régime de 1921 qui les assimilait à des votes négatifs. Si le quorum de présence n'est pas atteint, une seconde AG doit être convoquée à au moins quinze jours d'intervalle ; elle pourra alors délibérer quel que soit le nombre de membres présents, mais devra réunir les mêmes majorités de vote.
À ces exigences de fond s'ajoutent des conditions de forme. La convocation doit parvenir aux membres quinze jours au moins avant la date de l'assemblée (art. 9:14 CSA), elle doit indiquer l'ordre du jour et joindre le texte précis des modifications proposées. La doctrine et la jurisprudence sont constantes : une convocation qui se contente de mentionner « modification des statuts » sans détailler les articles touchés est entachée de nullité. La référence officielle pour ces formalités reste la fiche du SPF Justice consacrée aux statuts d'ASBL et à leur dépôt au tribunal de l'entreprise, qui détaille la chaîne complète depuis la signature jusqu'à la publication.
Quand utiliser ce procès-verbal ?
La situation la plus fréquente reste l'adaptation tardive au CSA. Beaucoup d'ASBL nées sous la loi de 1921 n'ont toujours pas mis leurs statuts en conformité avec le livre 9, alors que toute disposition statutaire contraire à une norme impérative du Code est désormais réputée non écrite (art. 39 de la loi du 23 mars 2019). Tant que le texte coordonné n'est pas voté et publié, l'ASBL fonctionne avec des statuts partiellement caducs, et les administrateurs s'exposent à voir certaines de leurs décisions contestées.
Le second motif est le changement de dénomination ou de transfert de siège vers une autre Région. Depuis le CSA, seule la mention de la Région doit figurer dans les statuts (art. 2:9 CSA), mais un déplacement entre la Région bruxelloise et la Région wallonne reste une modification statutaire à part entière, parce qu'il emporte changement de tribunal de l'entreprise compétent. Vient ensuite la refonte de l'objet social, qui déclenche la majorité des quatre cinquièmes ; c'est typiquement le cas d'une ASBL culturelle qui souhaite ajouter une activité de formation professionnelle, ou d'une fédération sportive qui élargit son champ disciplinaire.
D'autres modifications appellent le même formalisme : la révision des règles de cooptation d'administrateurs (art. 9:6 CSA), l'introduction d'une participation à distance par moyen électronique (art. 9:16/1 CSA), la révision des règles d'exclusion d'un membre (art. 9:23 CSA) ou la mise à jour des conditions de dissolution. Un cas plus rare mais redoutable : la réception d'une libéralité supérieure à 100 000 EUR entre vifs nécessite l'autorisation préalable du ministre de la Justice (art. 9:22 CSA), ce qui implique souvent un toilettage statutaire concomitant. Enfin, certaines ASBL passent par cette voie pour préparer une transformation en AISBL ou en société coopérative à finalité sociale, hypothèses qui exigent un dossier substantiellement plus lourd.
Clauses-clés incluses dans notre modèle
- L'en-tête d'identification de l'ASBL rappelle la dénomination complète, le numéro d'entreprise délivré par la Banque-Carrefour des Entreprises, l'adresse du siège et la Région, ainsi que la date et l'heure exactes de l'AG. Cette précision n'est pas cosmétique : le greffe vérifie la cohérence entre ces données et le formulaire I déposé pour publication.
- La vérification du quorum de présence est rédigée en deux temps. Le procès-verbal mentionne d'abord le nombre total de membres effectifs au jour de l'AG, puis le nombre de présents et de représentés, avec mention des procurations annexées. Sans cette double mention, le calcul des deux tiers est invérifiable et le greffier renvoie le dossier.
- La reproduction intégrale de l'ordre du jour tel qu'il figurait dans la convocation est imposée par la pratique des greffes, parce qu'elle permet de contrôler que l'AG ne s'est pas prononcée sur des points non annoncés. Une délibération hors ordre du jour sur une modification statutaire est nulle.
- Le comparatif article par article de l'ancien et du nouveau texte statutaire constitue le cœur de l'acte. Chaque modification est présentée en deux colonnes ou en deux paragraphes successifs, suivie du résultat précis du vote : nombre de voix pour, contre et abstentions, avec le calcul explicite des deux tiers ou, le cas échéant, des quatre cinquièmes.
- Les statuts coordonnés sont annexés au procès-verbal et visés expressément dans le corps de l'acte. C'est cette version coordonnée qui sera déposée au greffe et publiée au Moniteur belge ; le texte du PV à lui seul ne suffit pas.
- La clôture et signatures mentionnent l'heure de fin, désignent le président et le secrétaire de séance et, lorsque les statuts l'imposent, un ou plusieurs scrutateurs. La signature manuscrite des trois fonctions est requise sur l'exemplaire conservé au siège ; pour le dépôt électronique via JustAct, la signature électronique qualifiée du représentant légal s'y substitue. Le bon réflexe est d'aller piocher dans la bibliothèque contrats commerciaux et actes de société pour entreprises belges les modèles d'acte sous seing privé que partagent SRL et ASBL.
Considérations régionales
Bruxelles-Capitale. Les ASBL dont le siège est établi dans la Région bilingue de Bruxelles-Capitale relèvent du tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles ou de son équivalent néerlandophone, selon la langue des statuts. Le PV doit être rédigé dans la langue des statuts déposés à l'origine ; un changement de langue procédurale exige une modification statutaire à part entière. Les ASBL bruxelloises sont également soumises à des règles plus strictes en matière de transparence des bénéficiaires effectifs (registre UBO) lorsqu'elles bénéficient de subsides régionaux. Tout transfert de siège hors de la Région bruxelloise modifie l'arrondissement compétent et impose une nouvelle inscription au greffe du tribunal de l'entreprise du nouveau ressort, formalité fréquemment oubliée par les associations qui se contentent de publier l'acte au Moniteur.
Wallonie. En Région wallonne, les ASBL dont l'activité touche au secteur agréé (action sociale, santé, jeunesse, sport reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles) doivent vérifier, avant tout vote modifiant l'objet, que le nouveau texte reste compatible avec leurs décrets d'agrément. Une ASBL agréée par l'ONE qui élargit son objet vers du conseil aux entreprises perdra mécaniquement son agrément si la formulation n'est pas calibrée. Les greffes des tribunaux de l'entreprise de Liège, Namur, Charleroi, Mons, Eupen et Verviers ont la pratique connue de ne pas réclamer le texte coordonné séparément lorsque les nouveaux statuts figurent en intégralité au volet B du formulaire I, ce qui simplifie le dossier. Les ASBL ayant le siège en région de langue allemande peuvent rédiger leurs actes en allemand et les déposer à Eupen.
ASBL transfrontalières et flamandes francophones. Une ASBL au siège établi en Flandre mais dont les statuts sont rédigés en français doit composer avec les règles linguistiques imposées par les lois sur l'emploi des langues en matière administrative. Les actes destinés à l'administration flamande doivent être traduits, et la convocation aux membres doit respecter la langue de la Région du siège. La pratique est de tenir l'AG en bilingue lorsque les membres sont mixtes, mais le procès-verbal officiel reste rédigé dans la langue des statuts.
Erreurs fréquentes à éviter
L'erreur la plus coûteuse reste la convocation imprécise. Une mention de type « divers et modifications statutaires » dans l'ordre du jour entraîne la nullité des résolutions adoptées sur ce point ; les juridictions belges ont sanctionné à plusieurs reprises des ASBL qui pensaient gagner du temps en formulant un ordre du jour vague. Le réflexe correct est d'annexer à la convocation un projet complet du nouveau texte, article par article. Vient ensuite le mauvais calcul du quorum, particulièrement répandu depuis la réforme de 2020 : beaucoup de secrétaires continuent à compter les abstentions comme des votes négatifs, ce qui peut faire basculer la résolution sous le seuil légal alors qu'elle l'atteignait en réalité. Un PV qui ne détaille pas explicitement le sort des abstentions sera renvoyé par le greffier consciencieux.
La troisième erreur concerne la dissociation du PV et des statuts coordonnés. Beaucoup d'ASBL déposent un procès-verbal dans lequel elles « approuvent les nouveaux statuts joints », sans reprendre la rédaction précise de chaque article modifié dans le corps du PV. Le greffe et le Moniteur attendent le contraire : un PV qui décrit chaque modification, et un texte coordonné séparé en annexe. Quatrième écueil : publier au Moniteur sans déposer au greffe ou inversement. La chaîne est obligatoire, dépôt au greffe d'abord, transmission par le greffe au Moniteur ensuite. Enfin, la cinquième erreur classique est l'oubli de mettre à jour le registre UBO dans les trente jours, lorsque la modification touche aux administrateurs ou aux personnes ayant un contrôle effectif sur l'ASBL ; cette obligation distincte est sanctionnée par une amende administrative et il est utile de la coupler avec les formulaires administratifs et démarches du quotidien pour particuliers et associations que tout secrétaire d'ASBL gagne à avoir sous la main.
Questions fréquentes
Oui. Le modèle est rédigé sur base du livre 9 du Code des sociétés et des associations et reprend toutes les mentions imposées par l'article 9:21 CSA, l'article 9:14 CSA sur la convocation, et la pratique des greffes des tribunaux de l'entreprise francophones. Une fois signé par le président et le secrétaire de séance, accompagné des statuts coordonnés et du formulaire I prérempli, il constitue un acte sous signature privée pleinement opposable. La grande majorité des modifications statutaires d'ASBL ne nécessite pas d'acte notarié ; seules certaines transformations particulières l'exigent. Pour un panorama des modèles d'actes juridiques disponibles pour les structures belges, consultez le catalogue complet.
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Comment compléter ce procès-verbal
Vous commencez par renseigner l'identité complète de l'ASBL : dénomination, numéro d'entreprise, adresse du siège, Région et date de constitution. Le formulaire vous demande ensuite la date, l'heure et le lieu de l'AG, ainsi que le mode de convocation utilisé et la date d'envoi, afin de vérifier automatiquement le respect du délai de quinze jours imposé par l'art. 9:14 CSA. Vous indiquez le nombre total de membres effectifs au jour de l'AG, puis le nombre de présents et de représentés ; le générateur calcule le quorum de présence et vous alerte si le seuil des deux tiers n'est pas atteint, en proposant le modèle de seconde convocation.
Vous saisissez ensuite chaque modification : sélection de l'article concerné, ancien texte, nouveau texte, et nature de la modification (technique, but, objet). Le système applique automatiquement la majorité des deux tiers ou des quatre cinquièmes selon le type de changement. Vous renseignez les votes pour chaque résolution et le générateur calcule en temps réel si la majorité requise est atteinte, abstentions neutralisées. Pour la trame d'un courrier de convocation aux membres et documents internes d'organisation d'entreprise, un sous-formulaire dédié reprend les mêmes données. La dernière étape génère le texte coordonné des statuts, prêt à être annexé. Vous obtenez ensuite trois fichiers : le procès-verbal au format Word et PDF, les statuts coordonnés, et le formulaire I prérempli pour le greffe du tribunal de l'entreprise.