La convention de bénévolat associatif est l'acte écrit par lequel une association de droit marocain et une personne physique formalisent une collaboration non rémunérée au service de l'objet associatif. Elle décrit la mission confiée, sa durée, les modalités pratiques d'exercice et le régime des frais engagés par le bénévole, sans jamais créer de lien de subordination salariale. Au Maroc, aucun texte spécifique ne définit le statut du bénévole, contrairement à ce que prévoient certaines législations étrangères. Le contrat de bénévolat tire alors sa validité du Dahir formant Code des obligations et des contrats (DOC) et du Dahir n° 1-58-376 du 15 novembre 1958 sur le droit d'association, qui reconnaissent implicitement l'engagement gratuit comme une catégorie distincte du contrat de travail défini à l'article 6 du Code du travail (loi n° 65-99). Rédigée correctement, cette convention protège l'association contre le risque de requalification en relation salariale et sécurise le bénévole sur le périmètre de sa mission, ses remboursements et sa couverture assurantielle.
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Qu'est-ce qu'une convention de bénévolat associatif au Maroc ?
La convention de bénévolat est un écrit synallagmatique de nature sui generis. Elle ne relève pas du contrat de travail parce qu'il manque les deux éléments cardinaux que la jurisprudence sociale marocaine exige pour caractériser ce dernier : la rémunération et le lien de subordination juridique. Elle ne relève pas non plus du contrat de prestation de services du DOC, puisque le bénévole n'agit ni dans un cadre commercial ni dans une logique d'échange économique. C'est une convention de coopération à titre gratuit, librement consentie, qui formalise un engagement moral en un cadre opposable.
Le terme bénévolat est parfois confondu avec celui de volontariat. Les deux notions se chevauchent mais restent distinctes. Le bénévole agit ponctuellement ou régulièrement, sans contrepartie, sans engagement de durée chiffrée et sans indemnité forfaitaire. Le volontaire, lui, s'inscrit dans un dispositif structuré qui peut prévoir une indemnité de subsistance et une durée déterminée, à l'image de ce que connaissent les législations européennes encadrant le service civique. Au Maroc, en l'absence de loi sur le volontariat, la pratique associative retient majoritairement le terme bénévolat et le formalise par la convention objet du présent modèle. Confondre les deux dans la rédaction expose à des ambiguïtés coûteuses, notamment lorsque l'association verse au bénévole une somme régulière qui pourrait être interprétée comme un salaire déguisé par l'inspection du travail ou par la CNSS.
Cadre légal
Le bénévolat associatif au Maroc s'analyse à la croisée de plusieurs corps de règles, aucun d'eux ne lui étant spécifiquement consacré. Le premier pilier est le Dahir n° 1-58-376 du 3 joumada I 1378 (15 novembre 1958) réglementant le droit d'association, modifié et complété par la loi n° 75-00 du 23 juillet 2002. Son article premier définit l'association comme la convention par laquelle plusieurs personnes mettent en commun, de façon permanente, leurs connaissances ou leurs activités dans un but autre que de partager des bénéfices. C'est cette non-lucrativité qui légitime le recours à des forces vives non rémunérées et qui distingue radicalement l'association d'une société. Le texte officiel du Dahir et ses textes d'application sont consultables sur le portail Associations du Secrétariat Général du Gouvernement marocain, source de référence pour toute vérification réglementaire.
Le second pilier est le Code du travail (loi n° 65-99). Son article 6 définit le salarié comme la personne qui s'engage à exercer son activité professionnelle sous la direction d'un employeur moyennant rémunération. La doctrine et la jurisprudence sociale marocaines en déduisent a contrario qu'à défaut de l'un de ces deux éléments, la relation échappe au champ d'application du Code et donc à la compétence des juridictions sociales. Le bénévole n'est ni salarié, ni stagiaire au sens de la loi n° 1-93-16, ni travailleur indépendant. La convention de bénévolat doit explicitement écarter toute hiérarchie salariale, toute fixation d'horaires impératifs et toute contrepartie financière qui dépasserait le strict remboursement de frais engagés sur justificatifs.
Le troisième pilier est le Dahir formant Code des obligations et des contrats (DOC), qui pose le principe de la liberté contractuelle (article 230) et encadre la responsabilité civile (articles 77 et 78). Sur ce fondement, la convention peut prévoir une clause d'assurance responsabilité civile souscrite par l'association au bénéfice du bénévole, indispensable dès lors que la mission comporte un risque corporel ou matériel. Enfin, en matière fiscale, la circulaire de la Direction Générale des Impôts sur le régime des associations rappelle que le bénévolat de la gestion est l'un des critères d'appréciation du caractère désintéressé d'une association, et donc de son exonération d'impôt sur les sociétés. Un bénévolat mal documenté peut, à l'occasion d'un contrôle, faire basculer l'association vers une fiscalité commerciale.
Quand utiliser cette convention ?
Le cas le plus fréquent est celui de l'engagement régulier d'un membre actif sur une mission identifiée : animation d'un atelier hebdomadaire, tenue de la permanence d'accueil, gestion bénévole de la trésorerie ou du secrétariat. Tant que cet engagement reste ponctuel et amical, l'écrit n'est pas indispensable. Dès lors qu'il devient récurrent et structurant pour le fonctionnement de l'association, la convention devient l'outil naturel de clarification. Elle évite la zone grise où un bénévole de longue date finit par revendiquer un statut de salarié, ou plus simplement par contester l'étendue de ses obligations en cas de litige.
Le deuxième cas vise les missions à risque ou impliquant des tiers vulnérables : accompagnement éducatif de mineurs, distribution alimentaire, soutien aux personnes en situation de handicap, encadrement sportif. Ici, la convention sécurise à la fois le bénévole, qui sait jusqu'où va sa mission, et l'association, qui documente l'attribution de la tâche en cas d'incident. Vous pouvez utilement la combiner avec une attestation d'engagement lorsque la mission implique la manipulation de fonds ou de matériel coûteux.
La convention est également utile pour les bénévoles dirigeants — président, trésorier, secrétaire général — afin de matérialiser la gratuité de leur mandat. C'est précisément ce que l'administration fiscale examine pour confirmer l'absence de but lucratif lors d'un contrôle. Sans trace écrite de la gratuité, le caractère désintéressé devient difficile à démontrer, surtout quand l'association manipule des budgets significatifs ou perçoit des subventions publiques.
Deux situations d'exception méritent d'être signalées. La première concerne les bénévoles étrangers non résidents qui interviennent ponctuellement au Maroc : leur situation au regard du droit du séjour doit être vérifiée avant la signature, la convention ne valant pas titre de travail. La seconde concerne les mineurs bénévoles, dont l'engagement requiert l'autorisation écrite du représentant légal et exclut toute mission présentant les caractéristiques d'un travail prohibé par les articles 143 et suivants du Code du travail.
Clauses essentielles intégrées dans notre modèle
- L'identification précise des parties ouvre la convention. Côté association, la mention de la dénomination, du siège, du numéro et de la date de la déclaration auprès de l'autorité administrative, ainsi que de la personne habilitée à représenter la structure (généralement le président, sur le fondement des statuts). Côté bénévole, l'état civil complet, l'adresse et, le cas échéant, l'autorisation parentale pour les mineurs. Cette identification n'est pas une formalité : elle conditionne l'opposabilité de la convention en cas de litige.
- La description détaillée de la mission énumère les tâches confiées, le périmètre d'intervention et les éventuelles limites. Une formulation vague du type "toute mission utile à l'association" affaiblit la convention et facilite une requalification en contrat de travail. Le modèle privilégie une rédaction précise, conforme à la jurisprudence sociale marocaine qui examine la réalité des tâches avant la qualification donnée par les parties.
- La durée et les modalités temporelles fixent le commencement, la fin éventuelle et la fréquence de l'engagement. Il est admis de prévoir une convention à durée indéterminée révocable à tout moment par simple notification, ce qui correspond à la nature même du bénévolat. Aucune clause de préavis chiffrée à plusieurs mois ne doit figurer ici : elle créerait une obligation d'exécution caractéristique du salariat.
- La clause de gratuité et de remboursement des frais est le cœur juridique du document. Elle affirme l'absence de toute rémunération et encadre strictement les remboursements : sur justificatifs, à valeur réelle, plafonnés si l'association le souhaite. Les frais visés sont typiquement le transport, l'hébergement en mission, les fournitures achetées pour l'association. La convention exclut expressément toute indemnité forfaitaire qui ne correspondrait pas à un débours réel.
- La clause d'assurance et de responsabilité précise la couverture souscrite par l'association au titre de la responsabilité civile du bénévole dans l'exercice de sa mission, ainsi que les exclusions usuelles (faute intentionnelle, activité hors mission). Cette stipulation s'appuie sur l'article 78 du DOC et donne au bénévole une protection équivalente, en pratique, à celle dont bénéficient les salariés en matière d'accident de mission.
- La clause de confidentialité et de loyauté engage le bénévole à respecter la discrétion sur les informations sensibles auxquelles il accède : données des bénéficiaires, dossiers financiers, échanges internes. Cette obligation survit à la fin de la mission et peut s'imposer même après la rupture, contrairement à d'autres clauses qui s'éteignent avec la convention.
Considérations régionales et associations conventionnées
Le Dahir de 1958 et la loi 75-00 sont d'application nationale, mais la pratique administrative diffère selon les wilayas. Dans les grandes agglomérations comme Casablanca, Rabat et Tanger, les autorités locales sont familières du fonctionnement associatif et acceptent sans difficulté la production d'une convention de bénévolat à l'appui d'un dossier de subvention ou d'un projet conventionné avec une collectivité territoriale. La convention est alors un atout de crédibilité pour démontrer le sérieux de la gouvernance.
Dans les villes plus petites ou en milieu rural, les autorités demandent parfois une présentation simplifiée et se contentent du registre des membres. La convention reste néanmoins utile, en interne, pour clarifier les rôles. Pour les associations relevant de la zone tendue d'agrément — celles bénéficiant d'une reconnaissance d'utilité publique au sens du décret n° 2-04-969 du 10 janvier 2005 —, la documentation du bénévolat est quasi obligatoire : la commission d'instruction examine la composition de l'équipe dirigeante, la nature de son engagement et la traçabilité des frais remboursés.
Les associations qui interviennent dans plusieurs régions (mobilités, missions itinérantes, projets de coopération) doivent veiller à mentionner dans la convention le rattachement administratif du bénévole et le lieu principal de mission. Cette précision facilite la prise en charge des frais et clarifie la compétence territoriale en cas de contentieux. Les structures qui louent leurs locaux peuvent compléter le dossier par un contrat de location pour logement vide au nom de l'association, ce qui consolide la domiciliation requise pour la déclaration officielle.
Les associations étrangères ou affiliées à des organisations internationales — ONG, fondations, antennes marocaines de réseaux régionaux — appliquent les mêmes règles que les associations marocaines selon le Dahir de 1958, mais doivent composer avec un contrôle administratif renforcé. La convention de bénévolat, rédigée dans une forme bilingue lorsque l'un des signataires ne maîtrise pas l'arabe ou le français juridique, est alors un instrument d'autant plus utile.
Erreurs fréquentes à éviter
La première erreur, et la plus grave, consiste à verser au bénévole une somme régulière forfaitaire présentée comme un "défraiement". Si cette somme excède manifestement les frais réels et qu'aucun justificatif n'est produit, l'inspection du travail ou la CNSS peuvent y voir un salaire dissimulé. La requalification entraîne le paiement rétroactif des cotisations sociales, des majorations et, le cas échéant, des indemnités de rupture. Tout versement au bénévole doit reposer sur un justificatif daté et nominatif, conservé en comptabilité pendant la durée de prescription fiscale.
La deuxième erreur est de calquer la convention sur un contrat de travail en y intégrant des horaires fixes, un supérieur hiérarchique, un règlement disciplinaire et des objectifs chiffrés assortis de sanctions. Le bénévole conserve toujours la liberté d'organiser son engagement et de l'interrompre. Une convention trop contraignante crée précisément les indices de subordination que la jurisprudence sociale recherche pour requalifier la relation. La troisième erreur, presque aussi fréquente, consiste à oublier l'assurance. Une association qui envoie un bénévole encadrer une activité sportive ou accompagner un déplacement de mineurs sans avoir vérifié sa couverture responsabilité civile engage sa propre responsabilité civile et celle de ses dirigeants en cas d'accident.
La quatrième erreur concerne les bénévoles mineurs : signer une convention avec un adolescent de seize ou dix-sept ans sans autorisation parentale est nul de plein droit et expose l'association à des poursuites si l'activité contrevient aux articles du Code du travail sur l'âge minimum. La cinquième, plus discrète, est l'absence de clause de fin de mission : sans formalisme de sortie, l'association reste exposée à des réclamations tardives, par exemple sur des frais non remboursés ou des effets personnels laissés dans les locaux. La convention prévoit une attestation finale qui solde formellement la relation.
Questions fréquentes
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Comment remplir cette convention sur Captain.Legal
Vous démarrez en sélectionnant la dénomination exacte de l'association, telle qu'elle figure sur le récépissé de déclaration auprès de l'autorité administrative, puis l'adresse du siège et la qualité du signataire — président, secrétaire général ou délégataire désigné par une décision du bureau. Le formulaire vous demande ensuite l'état civil du bénévole, en distinguant le cas du majeur et celui du mineur pour lequel une zone dédiée recueille l'identité et la signature du représentant légal.
La section suivante porte sur la mission : un menu déroulant propose les catégories les plus fréquentes (animation, encadrement, administration, communication, collecte de fonds, soutien éducatif), avec un champ libre pour préciser les tâches concrètes. Le générateur ajuste automatiquement les clauses d'assurance et de confidentialité en fonction du type de mission sélectionné. Vous renseignez ensuite la durée, le lieu et la fréquence prévisionnels, puis les modalités de remboursement des frais : plafond, justificatifs requis, périodicité du règlement.
Une dernière étape, optionnelle mais recommandée, vous permet d'ajouter des annexes : description détaillée du projet, règlement intérieur de l'association, attestation d'assurance souscrite. Le document final est généré en PDF et en Word, signable en deux exemplaires originaux. Si votre association a besoin d'autres actes pour structurer sa gouvernance, la page association au Maroc regroupe les statuts et procès-verbaux conformes au Dahir de 1958.